Accueil du site > Otaku > Manga > Bastard !!

Bastard !!

Quand le manga devient une Religion

lundi 29 septembre 2008

Quel est le plus grand manga de tous les temps ? FAUX ! C’est Bastard !! Et ceux qui ne sont pas content c’est pareil. Ils n’ont qu’à aller se suicider dans un placard. Tandis que moi je vais me lancer pour vous parler de ce titre qui me tient énormément à cœur. L’un des titres qui m’a le plus marqué dans ma vie. Et croyez moi que c’est jamais facile d’en parler. Alors je vais essayer d’éviter au maximum de m’enflammer et faire sobre. Mais je pense que ça va pas être possible.

Kazushi Hagiwara est juste un Dieu. Et j’avoue, dire ça de but en blanc c’est totalement oublier que j’avais promis d’y aller mollo. Mais il faut se rendre à l’évidence ! Hagiwara est le mangaka le plus talentueux que j’ai jamais vu. Et la je parle uniquement du trait. Pour ce qui est de ses talents de scénaristes, il s’agit d’un point que nous allons aborder un peu plus bas. Mais avant toute chose, nous allons commencer par un petit retour en arrière, histoire de nous rafraichir les mémoires sur cette aventure pour le moins épique.

Bah oui... au début c'était...

« J’en peux plus ! Je suis naze ! ». Hagiwara, volume 1

1987 ! Le premier chapitre de Wizard, manga d’Heroic Fantasy, est publié au Japon dans le Weekly Shonen Jump. L’auteur s’appelle Kazushi Hagiwara et fût l’assistant d’Izumi Matsumoto, très célèbre pour son manga orange Road. Il s’agit de sa première longue série qui sera très vite rebaptisée sous un nom plus familier : Bastard !! Série toujours en cours actuellement. Eh oui ! Cela fait maintenant plus de 20 ans qu’Hagiwara nous conte la légende de Dark Schneider ! Une sacrée durée pour une série qui ne compte finalement que 25 volumes au jour d’aujourd’hui. Il faut dire que la publication a connu moult aventures ! Si la série a commencée par une publication hebdomadaire classique, elle n’attendra pas dix volumes pour finalement devenir trimestrielle (publication plus lente mais chapitres plus longs). Et puis après le tome 18 plus rien. La série est finalement abandonnée par Shonen Jump, la faute a une série de plus en plus borderline avec une violence et des séquences à caractère sexuel très poussés. La série sera reprise par l’Ultra Jump mais avec un rythme de parution… du genre Sonic très vieux. Etant lent de nature, Hagiwara mettra de plus en plus de temps pour sortir un volume. L’attente entre chaque tome dépasse parfois les deux ans. Autant dire qu’il faut la patience d’un sage. Mais ne tirez pas une conclusion hâtive comme quoi l’auteur serait un paresseux qui ne bosse pas. Bien au contraire, Hagiwara est surement le mangaka le plus taré au monde. Mais j’aurai le temps d’y revenir.

Mais après ce sera vachement plus !!!

« Vous pouvez tous crever ici ! » D.S

Que raconte Bastard !! concrètement ? Dans les grandes lignes on pourrait juste résumer ça par l’histoire de Dark Schneider, le sorcier le plus puissant que le monde ait connu. Ceci étant la base de tout. En ce qui concerne la trame plus en profondeur, eh bien c’est un petit peu plus compliqué. L’œuvre étant découpé en plusieurs cycles : l’armée des ténèbres ; le requiem des Enfers ; Crimes et Châtiments, Les lois Immorales et le p’tit nouveau fraichement entamé : les défenseurs de la Foi. Et l’on peut dire qu’entre le premier et le dernier cycle, il s’est passé un nombre d’événements assez imprévisible. D’ailleurs au début, le manga était en somme toute classique dans son scénario : une guerre fait rage dans un monde médievalo-fantastique et une armée tente de ressusciter Anthrax, le Dieu de la destruction. Mais pour leurs barrer la route, il reste l’espoir du plus puissant magicien : Dark Schneider, enfermé dans le corps d’un petit garçon, dont seul le baiser d’une jeune fille pure permet de libérer le sceau. Oui vous pouvez le dire : ça sonne d’un banal terrible. Mais à ce niveau il faut prendre en compte un élément important : D.S (ou Darsh), qui est tout simplement l’anti-héros le plus cool qui ne fut jamais créé. Le fait étant que s’il était enfermé dans le corps d’un enfant c’était bien pour quelque chose, le gaillard ayant tenté de conquérir le monde par le passé. Mais pour survivre, les hommes sont prêts à réutiliser ce qui a failli les détruire(petite référence Eva au passage). Bref, voila que le sort de l’Humanité repose sur un personnage surpuissant, macho, égoïste, pervers, sadique, vulgaire, prétentieux qui n’a qu’une seule envie : conquérir le monde et ainsi rendre au moins la moitié de l’humanité heureuse par le simple fait de créer un Harem ou seront réunis toutes les femmes, et il n’y a pas plus grand bonheur dans l’univers que de coucher avec lui (selon ses dires).

Il faut alors dire les choses telles qu’elles sont : le seul intérêt du manga à ce moment c’est bien D.S. Personnage atypique, véritable anti-héros avec un égo qui n’a jamais été égalé, c’est lui qui apporte toute la saveur à ce titre d’Heroic Fantasy bien classique. Pas mauvais non plus certes, mais l’histoire d’un Dieu du mal qui va être ressuscité c’est franchement pas neuf. Quant aux personnages secondaires ils sont d’une part, beaucoup trop nombreux pour qu’on s’y attache et ne supportent pas longtemps la comparaison avec le héros du manga. Hagiwara le sait d’ailleurs très bien en s’octroyant souvent des volumes ou le D.S n’apparaît pas (que D.S ne se gêne d’ailleurs pas pour le signaler. C’est quand même lui le héros !). Il y a pourtant dans ce flot de personnages, certains qui finissent par sortir du lot tel que Gala, Archess Ney, Kal Su ou bien entendu Yoko… Mais la c’est un problème de temps de présence auquel on se heurte étant donné que tout le monde attend son tour pour venir faire un petit coucou. Au niveau du graphisme il ne cesse de progresser c’est un fait, mais il accuse quand même son âge : ce manga a bien 20 ans et n’est pas le plus beau qui existe de surcroit. La seule chose qui s’avère déjà très impressionnante sont les scènes d’affrontement : ultra détaillées et malgré tout toujours lisible. Hagiwara flirte toujours avec le bordel total mais n’y cède jamais, ce qui fait la grande force graphique de ce manga… au début en tout cas. On pourrait dire alors que le dessin d’Hagiwara en était à son Age de fer.

Pour D.S, 7 en même temps, c'est du gateau !

« Dieu a perdu patience »

Et voila que l’on arrive à un tournant majeur : le manga était censé durer 14 volumes au départ, mais finalement il continue. Certains fans regrettent d’ailleurs que le manga ne se soit pas terminé comme prévu avec la mort d’Anthrax. Mais très sincèrement je n’ai jamais compris pourquoi. C’est vraiment à partir de ce moment que le manga va devenir indéniablement Génial, Ultime, Culte, Incontournable et un Classique absolu. Regretter que le manga ait pris cette voie, c’est comme regretter le passage de la VHS au DVD. Mais sûrement que ces fans veulent surtout dire qu’au moins, on aurait eu la certitude que le manga aurait une fin. Mais la encore je n’adhère pas.

A partir du volume 15 on rentre dans une période de transition qui va durer trois volumes. L’intrigue prend une tournure totalement Biblique avec l’arrivé des Anges, des Dominion, des Archanges et surtout des Séraphins. Le méchant Anthrax dans tout ça ? Haha de la brioche ! Et qu’est-ce qu’ils font tous ces gentils Anges ? Et bien ils déciment la majorité des personnages secondaires et c’est pas un mal, y’en avait quand même beaucoup. L’histoire prend donc un risque énorme en nous balançant en pleine gueule le fait que tout ce qu’on a lu jusqu’ici n’était pas le véritable récit et que maintenant vont débuter les choses sérieuses. C’est donc parti pour de longs volumes de carnage qui auront été souvent qualifiés d’inutiles et une façon pour Hagi de gagner du temps. Ce qui ne tient pas vraiment la route étant donné qu’il se passe concrètement des choses : la destruction de l’Humanité par les Anges, l’entrée en scène de Lucifer et la disparition de D.S. Le manga fait ce que j’appellerai une remise en perspective scénaristique : alors que l’on pensait que l’intrigue était avant tout focalisée sur la résurrection d’Anthrax et le combat avec D.S, des Anges font leur apparition. Ce qui rend l’affrontement de certains personnages soudainement obsolètes. Nous sommes là dans une toute autre vision du récit, ce qui est à la fois très perturbant mais que je trouve absolument brillant. Tout cela alors que le dessin d’Hagiwara atteint son Age d’Or : c’est sublime, c’est détaillé et chaque page est d’une beauté à couper le souffle. Ca fourmille tellement de détails, que même de simples personnages d’arrières plans possèdent une véritable identité graphique (les connaisseurs se rappelleront de l’Ange Gardien et l’Ange à Pouvoir qui accompagne Michael dans le 17ème tome, qui ne réapparaîtront jamais par la suite).

Ce personnage sera visible 5 pages

S’en suit un volume 18 assez inexplicable en soi, mais qui n’est que la suite et conclusion logique de cette transition. Le personnage principal déambule dans les Enfers et l’auteur en profite pour s’offrir un trip graphique et scénaristique, nous démontrant ainsi qu’on lit l’œuvre d’un bonhomme avec de graves problèmes mentaux. Et pour tout vous dire, c’est génial tant c’est hors-norme. D’autant que dans ce fatraque, il y a une multitude d’éléments scénaristiques essentiels à la compréhension et à l’avancement de l’intrigue : telle que la notion d’Adam ténébreux ou bien encore l’apparition de toute la clique à Satan (personnages au design ultra classe). Mais beaucoup de gens n’y ont vu qu’un gros bordel et n’ont pas vraiment fait attention à ce qu’on leurs racontait. Ce qui fait que si vous décidez de feuilleter un volume de Bastard !! pour vous donner un avis, évitez absolument ce tome : vous n’allez rien comprendre du tout. Ce qui est finalement la tendance à partir de ce volume.

En Enfer on a la classe

« Je suis un Gentleeeeeeeeman ». Conronne

Au moment ou le lecteur lambda, amoureux des premiers volumes, commence à ne plus rien y comprendre, Hagiwara donne le coup de grâce. Ce n’est rien d’autre qu’un bond dans le temps de deux ans que l’histoire va faire. Les êtres humains sont réduits à l’état de bêtes errantes cherchant à survivre, tandis que la terre est devenue le champ de bataille des Anges et des Démons. Mais qu’est ce qui s’est passé ? Et bien c’est rapidement expliqué, mais tellement rapidement que, là encore, les lecteurs inattentifs attendent toujours qu’on leurs explique. Mais au final pourquoi un tel bond dans le temps ? Tout simplement parce-que comme expliqué au début, la publication fût abandonnée au volume 18. Pendant ce temps, le bonhomme n’a pas chômé et a continué de dessiner une partie de l’histoire mais sous forme de doujin (manga amateur), n’ayant plus d’éditeur pour le soutenir. Cette partie, il était censé revenir dessus dans le manga, mais aujourd’hui encore, il ne l’a pas fait et il ne risque pas de le faire. Et finalement Ce n’est pas un drame : les quelques informations qu’il nous a donné sur cette période sont amplement suffisantes pour boucher le trou (il suffit de faire l’effort). Le seul regret serait que cette partie mettait en scène mon Séraphin favori et que du coup… bah son rôle se voit sévèrement diminué (à part l’attaque « méga larmes » mais bon…). Ce choix scénaristique est d’autant plus couillu qu’on se retrouve en suspens sur le sort de plusieurs personnages disparus et qu’a la place, on se contente de retrouver des protagonistes de seconde zones dont ont avait oublié l’existence (tout comme D.S qui les reconnait pas non plus).

Un Gentleman, un vrai

Donc à partir du 19ème volume se déroule la bataille entre les Anges et les Démons, avec bien entendu D.S au centre de ce joyeux bordel. Et là encore, la narration prend des risques très surprenants. Le méchant qui nous est présenté, Conronne le Gentleman des Enfers, est introduit comme anecdotique et fait juste office de mise en bouche pour nos Séraphins. Quant à D.S il apparaît un peu de nulle part et décide d’affronter un Séraphin qui lui revient pas (parce qu’il est plus grand que lui et qu’il n’aime pas ça. Oh et y’a une histoire de sourcils également). Mais durant toute cette bastonnade, il semble que Conronne cache quelque chose sans qu’on y prête attention. Ce qui est dommageable vu qu’il s’avère s’agir d’un élément clé employé dans le volume suivant. Et là encore, le schéma narratif est intéressant : à la lecture de ce volume, il ne se passe à priori rien d’essentiel et on se dit qu’Hagiwara s’est encore perdu en route (du moins les détracteurs). C’est uniquement à la lumière du volume suivant qu’on constate que la situation n’était pas anodine, que les personnages ne sont pas là juste par hasard, que ce méchant n’est pas si banal et que ce sont les prémices dans un événement important. Et c’est franchement très intéressant car en général, un manga ne lance jamais une intrigue sur une situation quelconque qui prendrait de l’ampleur. D’habitude rien n’est gratuit dans la narration, et l’on sent dès l’introduction quand il va se passer quelque chose d’important. Pas dans Bastard !! Ce manga s’amuse régulièrement à partir d’une situation complètement anecdotique avant de partir sur quelque chose de critique. Ce qui nécessite au final une lecture plus attentive qu’on le penserait, du moins si on veut comprendre ce qui se passe au niveau de l’histoire. La lutte prenant ensuite de nouvelles proportions et faisant apparaître un ennemi insoupçonné et qui semble être le rouage d’un plan bien tordu d’un certain Belzebuth.

Après cela, l’histoire se lâche encore plus pour atteindre désormais son dernier cycle « Les défenseurs de la Foi ». Et la encore, Hagi décide à nouveau de nous surprendre en réhabilitant la première partie de l’histoire. Car si Bastard !! était avant tout un manga de Dark Fantasy, il s’est à mesure transformé en un manga mystique, Biblique… ou comme vous voulez. Et ces deux facettes ont toujours été bien distinctes et sans grand rapport. Ce qui sera désormais le cas dans cette dernière partie, mais cela je le laisse au bon plaisir de ceux qui liront le bouquin.

Un petit retour aux sources ? En vachement plus beau quand même !

« T’as vu ? Même avec juste la tête je suis vachement beau ». D.S

On parle de l’histoire mais on ne peut pas ignorer quelque chose. Le dessin d’Hagiwara qui en est à l’Age Divin. Aucun autre manga n’a une telle finesse graphique, un tel souci du détail et de la mise en page. C’est plus que beau, c’est sublime… c’est divin. Et l’on sent bien que le format si petit d’un manga ne correspond pas bien à l’épanouissement de son graphisme. Du coup il n’hésite pas à employer régulièrement les doubles pages pour offrir la dimension épique nécessaire à son œuvre. Il faut savoir que dans le manga, la double page est souvent considérée comme une facilité (histoire de remplir deux pages facilement). Mais il suffit de jeter un œil à celles de Bastard !! pour comprendre qu’au contraire, plus il y d’espace, plus il y a de détails à faire. Le design des personnages et surtout leurs costumes se permettent tous les délires et tous les styles, ainsi que le bestiaire qui ne cesse de s’agrandir. Il faut dire que le côté cauchemardesque des Enfers a beaucoup inspiré l’auteur avec des monstres sadiques et maitres de la torture en pagaille. Quant à ces personnages féminins, ils sont terriblement sexy. Les affrontements eux, disposent d’une mise en scène d’une précision et d’une richesse inégalée. Avec des références parfaitement en adéquation avec l’univers, tel que Devilman. Le manga est d’ailleurs « récemment » passé à l’informatique et c’est encore plus impressionnant. Non seulement la transition s’est faite avec une incroyable facilité, mais elle a également apporté de nouveaux effets et un sentiment de relief encore plus appuyé qu’avant. Certains pourront reprocher le côté un peu plus lisse du dessin (dont moi, j’aime beaucoup les crayonnés), mais en conclure que c’en est du coup moins beau est une bêtise. Hagiwara n’a jamais aussi bien dessiné et l’on se demande vraiment s’il va un jour atteindre une limite.

Moui... quelques notions de dessin en effet

Bien entendu ce graphisme et ce souci du détail hors-norme à un prix. Et du coup je pense qu’il est temps que je parle d’un autre personnage de Bastard !! : Kazushi Hagiwara. Car il est bien plus que le mangaka, il devient à force de temps un véritable personnage de Bastard !!, dont on suit les aventures en parallèle. Sous forme au départ de mini-strips de 4 cases par volumes nommés « les milles et une nuits à Koenji » puis « les humeurs de Kishijoji », pour ensuite rajouter à cela des pages bonus baptisées « Hagiwara parle », ou le bonhomme nous parle de son état d’esprit, de ses humeurs et bien d’autres choses encore (parfois n’importe quoi). On s’attache très vite à ce personnage complètement fou, qui se ruine la santé et qui tue ses assistants à la tache. Et au travers de ses délires on peut mieux comprendre de quelle façon est créée Bastard !! Tout ceci donne un sentiment de proximité avec l’auteur, et du coup avec l’œuvre, qui est inédite dans l’univers du manga. On en vient au final à autant attendre le nouveau volume autant pour l’histoire que pour avoir des nouvelles de cette vieille fripouille d’Hagi. On y découvre la création du Studio Loud in School (le plus réputé au Japon pour son tramage), les publications de son doujin Megadeth ou encore des anecdotes complètement farfelues. Parfois incompréhensible dans ses références (« Silver est vivant !!! »), parfois d’une honnêteté incroyable (« désolé ! J’avais pas d’idée ! »), Hagiwara devient le personnage que l’on cherche à cerner pour mieux comprendre son univers et son travail. Mangaka Otaku, qui ose absolument tout (de mémoire, c’est le seul manga ayant une double page ou il y a juste écrit à la main ce qu’on est censé voir), qui fait des références de Heavy Metal partout (et le bougre a plutôt bon gout), qui sort les théories les plus farfelues (« Même si ça n’a pas de sens, il faut au moins que ce soit agréable ») et qui va jusqu’à lui-même dessiner des doujins Hentaï de son titre (même si le manga est déjà parfois très chaud). Kazushi Hagiwara est un personnage aussi taré que passionnant.

Carrement que j'me fais plaisir à mettre pleins de tofs !

Son seul défaut est en fait sa force : son rythme de parution. Le fait étant que le bonhomme prend énormément de temps à sortir un chapitre, mais cela pour offrir des volumes plus soignés que n’importe qui d’autre. Et pour ça il faut des assistants qu’il forme lui-même. Assistants qui finissent par vite s’en aller une fois leur formation achevée en général (du coup rebelote). Et je ne parle pas du passage à l’informatique, ou le nouveau volume a mis plus de temps que jamais avant d’arriver. Ajoutez à ça une idée totalement farfelue qui lui a pris on ne sait quand : redessiner les premiers volumes, car le dessin n’a franchement plus rien à voir avec le sien aujourd’hui. Alors il va retoucher tout ça ! Chose qu’il va publier en grand format sous le nom de « Complete Edition ». Si le résultat est époustouflant, il n’empêche que c’est du temps de travail supplémentaire qui retarde la publication de la suite du manga. Pour avoir une échelle de temps prenez ceci : lors du volume 20 le manga fêtait ses dix ans. Aujourd’hui l’œuvre faite ses 20 ans… nous sommes au 25ème tome. Eh oui ! Il faut savoir être patient. Un Bastard !! ça se mérite ! D’autant que la Complete Edition en France… on peut toujours rêver.

Effectivement... son dessin a un peu progressé...

Mais pour parler très franchement, ce n’est pas de devoir attendre qui pose problème (sauf pour les lecteurs aigris). Ni le fait qu’on perde un peu le fil entre chaque sortie de volumes, car il y a quand même moyen de se rafraichir la mémoire, surtout depuis la sortie du Data Book qui est une véritable Bible et qui permet de se remettre les événements en tête sans avoir à relire toute la série. Le problème vient que beaucoup de gens ont tendance à oublier qu’il s’agit d’un manga. Et du fait de l’attente, la majorité des lecteurs considèrent que chaque tome doit faire avancer de façon fulgurante l’histoire, ce qui n’est pas le cas. Il ne faut pas rêver ce n’est le cas d’aucun manga ! Il y a forcément des volumes un peu moins cruciaux que d’autre. Mais comme il faut attendre (putain de gravement la vache) plus longtemps que pour un manga traditionnel, on a tendance à oublier ce petit détail.

... Mais alors juste un p'tit peu !

« T’inquietes pas ! D.S est invincible ! ». D.S

Ai-je d’autres choses à dire sur Bastard !! ? Bien entendu ! Je pourrai continuer même durant fort longtemps. Mais je ne pense pas que cela aurait un intérêt pour l’instant. Attendons plutôt qu’Hagiwara termine son bébé en espérant qu’il ne le bâcle pas. C’est un risque, mais quelqu’un qui s’octroie plus de deux ans pour sortir un volume ne va surement pas bâcler son unique titre. Si c’était le cas, il aurait pu conclure beaucoup plus vite en se prenant moins la tête. Le seul risque étant surtout qu’il meurt avant. Mais je vous prierai de croiser les doigts avec moi pour que ça n’arrive pas. Manga complètement hors-norme, qui ose tout que ce soit graphiquement ou narrativement. Bastard !! est le plus beau manga jamais dessiné avec une histoire démesurée et un personnage principal le plus classe qui n’a jamais été fait. On peut ne pas adhérer à cet Univers de Fantasy Biblique qui se la raconte à mort, avec son héros pervers et macho, ses filles aux grosses poitrines, son humour trash et son histoire bordélique à souhait. Mais tant pis pour ceux qui n’aiment pas. Ils passent à côté de l’univers le plus débridé et le plus audacieux que le monde du Manga nous ait offert. Clairement un titre à part pour une infinité de points, Bastard !! est pour moi ce que j’ai lu de meilleur dans son genre et que j’ai très vite élevé au statut d’œuvre culte et de « Manga favori » mais qui s’avère difficile à aborder. Un Chef d’œuvre qui se savoure entre connaisseurs seulement. Et comme je commence à me répéter et que je sens que je pourrai dire que c’est génial pendant encore très longtemps, je vais plutôt conclure comme Hagiwara aurait commencé :

« Pardon et merci ».

Allez ! Même les persos secondaires sont dans l'article !!


7 Messages de forum

  • Bastard !!

    29 septembre 2008 20:35, par Sieg

    Oss !

    Bon je suis d’accord quasi avec tout et tout est très bien raconté. Je me joins à toi pour dire qu’Hagiwara a probablement le coup de crayon le plus époustouflant, du moins en ce qui concerne le genre, et que le scénario de Bastard est sousestimé, même si on peut largement jeter au feu les dix premiers volumes inintéressants que ce soit graphiquement ou scénaristiquement... mais après mamma mia ! qu’est ce que ça devient bon ! Quand les samourais et les généraux se foutent sur la gueule, qu’on commence à en apprendre un peu plus sur DS, quand Lars Wool « Mister Charisme » fait enfin son apparition (ça fait jamais que 15 volumes qu’on parle de lui) et que quand, O orgasme, le premier ange montre sa tête et que l’histoire bascule définitivement (et de manière totalement inattendue !!) dans le sublime. La bataille des derniers héros humains jusqu’au 17 est complètement époustouflante, encore plus parce que son dénouement est sévèrement ambigu. Et a partir de là, il faut aimer les phrases non terminées, les persos ultra charismariques utilisés au compte-goutte et les multiples arcs dont on ne connaitra jamais les tenants et les aboutissants (haaaaa Amraël...).

    Dense, furieux, subversif. Bastard c’est du bon, et on pourrait décidément en parler pendant des heures.

    Répondre à ce message

    • Bastard !! 29 septembre 2008 22:50, par Shakka

      Wouaw ! Un autre admirateur d’Hagiwara !!!!! Ça fait plaisir, car j’avoue que parfois je me sens bien seul (d’habitude c’est un peu comme des extraterrestre : on se dit que ça doit bien exister, mais on en a jamais vu). Et merci pour le compliment ça fait plaisir. Bon personnellement, j’irai pas jusqu’à mettre la première partie au feu. Je trouve qu’elle se laisse lire et que D.S y est déjà génial. Et puis même si c’est clair qu’en comparaison avec la suite, le début ne tient pas la route (les 8 premiers volumes pour être précis), c’est justement la mise en perspective qui est géniale. Le fait de pouvoir lire le dernier tome et de se dire « Putain... quand on pense ce que ça racontait au début... ». Si c’était dès le départ une histoire avec les Cieux et les Enfers... aaaah qui sait si ça aurait été aussi bon ? Nan, je pense clairement que ce qui fait vraiment défaut à ce début c’est le graph’, sans hésiter. D’autant que moi j’ai découvert la série en feuilletant le volume 18 et 19. Du coup c’était justement ce côté délirant et ce dessin assez impressionnant qui m’avaient attiré. Alors quand j’ai acheté le premier volume, j’ai quand même eu un sacré choc :P (mais c’était bien marrant). Je pense qu’Hagi l’a bien compris, sinon il s’emmerderait pas à redessiner la série. Et je dois dire que les premiers volumes....retouchés....grand format.... ouais ça le fait grave.

      Pour Lars, moi je l’aimais bien en Dragon ! Mais ce qui est génial avec ce perso, c’est qu’au final c’est l’anti-thèse totale de D.S. Et des fois, j’en suis à rêver qu’il nous raconte le chapitre ou ils se sont combattus. Mais si il fait ça, on s’en sortira jamais. Après le combat dans l’Arche était cool mais... pour la première fois de ma vie, j’ai vraiment détesté Glénat (et d’habitude je les aime bien pourtant). Les onomatopées c’était tout simplement n’importe quoi. Je me rappelle de certaines doubles pages ou on ne voit presque rien si ce n’est trois plumes d’ailes et une giclée de sang. Sérieux c’était hardcore. Mais bon c’est clair que le final est... Seul truc, c’est que j’étais bien content de retrouver D.S au volume suivant et il semble que l’auteur aussi, parce-que le combat avec Porno Diane c’est juste du gros délire ! Même si je reste un gros frustré vu qu’on voit UNE putain d’illustration avec Gabriel et qu’on la verra jamais de toute l’histoire en Enfer ! Sinon Amraël j’avoue, je suis pas un grand fan du personnage. Mais c’est d’un tragique et d’un sanglant.... et puis tout l’aspect limite incestueux est franchement grave osé ! Bon je me calme, sinon je vais jamais m’arrêter. Enfin merde ! Quel manga !

      Répondre à ce message

      • Bastard !! 30 septembre 2008 23:17, par Sieg

        C’est bien vrai...

        Enfin, s’il fallait faire un reproche à Hagiwara, c’est que manifestement il invente son histoire au fur et à mesure, c’est du moins assez flagrant pour le tout début, jusqu’au twist biblique, avant lequel les rebondissements sont plutôt tirées par les poils de fesses. On peut aussi lui reprocher des avalanches de fan service (haha la bonne blague), mais je trouve que, un peu à la manière de Tenjo Tenge, ça vient servir le caractère tout à fait malsain de la série, et comble de la parité, je crois que c’est le seul manga où on voit plus la teub du héros que les gougouttes des protagonistes féminins, DS passant quand même des pans entiers du manga complètement à poil. Ce que j’aime aussi, c’est la dimension qu’a prise l’histoire, où le truc à des répercussions sur des milliers et des milliers d’années, avec des persos qui ont le charisme de leur fonction généralement (CF Satan, Belzébuth, Uriel, Michael, Lucifer...). J’en suis encore au 23 dans la prod française et j’attends assez impatiemment de voir ce qu’il va nous pondre avec son Christ, Ingweil et tutti quanti.

        Mais je sens quand même qu’on aura jamais la fin de l’histoire.

        J’en rajoute une juste pour dire que Hagiwara, au même titre que Morita ou Hojo font parti des gens qui m’ont dégouté de dessiner tant leur niveau est inaccessible...

        Répondre à ce message

        • Bastard !! 1er octobre 2008 01:19, par Shakka

          Tiens ! Ça c’est marrant comme point de vue ! En général les gens trouvent que c’est à partir des Anges qu’il invente au fur et à mesure. Perso la j’ai relu le début et je sais pas... Car dans un sens on sent bien que le bonhomme à une ligne toute tracée : 4 empereurs du Ciel à affronter, resurrection d’Anthrax, baston final et the End. Donc en soi je trouve qu’au contraire l’histoire est un peu trop balisée et prévisible dès le premier tome. Mais là ou effectivement, on peut avoir l’impression qu’il invente au fur et à mesure c’est dans les péripéties : D.S se ballade et il rencontre un méchant ! Baston ! Puis il reprend sa route et quelques pages plus loin un autre méchant ! Baston ! etc... Effectivement ça peut clairement donner la sensation qu’Hagi invente des méchants au fur et à mesure. En fait pour faire plus simple et là ou je pense qu’on sera d’accord : le premier cycle, l’armée des ténèbres, est scénaristiquement la plus mauvaise partie du Manga (sérieux les trois artefact magiques, c’est d’un bidon !!). Mais bon, j’ai quand même du plaisir à la lire rien que pour D.S et Gala (j’l’aime bien moi).

          Après pour le fanservice je suis on ne peut plus d’accord ! Et étonnamment le fait que D.S soit à poil la moitié du temps ça lui donne un style. En fait je crois jamais avoir lu un manga ou le sexe et le fanservice sont aussi bien intégrés. Surement parce que c’est délirant et totalement assumé. Franchement avoir osé sortir ça : « Le Saint bâton du Seigneur D.S va purifier cette pécheresse »... On peut pas oublier un truc pareil ! Bon après si t’en es au 23ème, je parlerai pas du nouveau revirement assez excellent que l’histoire vient encore de prendre (même si j’en parle vite fait dans l’article). Mais je suis quasi sûr qu’on aura la fin, vu que c’est censé être le dernier cycle. Après je trouve, un peu follement, si il avait pas de fin ce serait bien aussi. Le côté inachevé et interminable collerait si bien à cette œuvre.

          Sinon c’est marrant que tu cites Oh ! Great, car c’est clair que la filiation est évidente (surtout Tenjo Tenge). A l’époque j’avais lu une critique qui disait « Pour les fans de Bastard !! en manque de nouveaux volumes ». Et c’est exactement ça. Même si Oh ! Great tape sur un dessin moins détaillé et mise tout sur le dynamisme et ses personnages qui prennent la pose. Mais cette ambiance cool et ses personnages ultra sexy... C’est du Hagi tout craché. J’aime bien Oh ! Great, mais ses histoires sont définitivement moins prise de tête.

          Morita et Hojo... ça dépend franchement des sujets qu’ils abordent à mon gout. Et je ne suis pas un grand fan de leurs approche très « réaliste » au niveau du dessin. Mais bon, je dois admettre qu’ils sont indubitablement de grands mangakas. Faudra que je me motive à chroniquer Rookies pour Morita, c’était quand même un sacré bon titre. Hojo y’en a tellement... et ça fait super longtemps que j’ai pas lu quelque chose du bonhomme.

          Répondre à ce message

          • Bastard !! 1er octobre 2008 15:38, par Sieg

            C’est vrai que le coups des artefacts c’est vraiment naze. On a oublié une chose à sauver quand même pour la première partie, c’est « M’zelle Yoko », qui est le fil conducteur et est carrément originale pour l’époque de sa création : une fille au caractère bien trempée, qui dit des gros mots et ne se laisse jamais faire. (même si bon, à mon avis, il faut ici dire merci à Matsumoto et Madoka, encore que graphiquement ca se retrouve de manière flagrante avec Archess Ney) Elle est un des gros intérêts, avec les 4 généraux (même si Kal Su, je ne le trouve intéréssant qu’ avec l’éveil d’Anthrax, mais c’est affaire de goût). Mais c’est aussi le don et la malédiction d’Hagiwara... quasiment tous les personnages présents sont intéressants et foutrement charismatique. Le gars arrive bien a te faire avaler que l’archange Saint-Michel ressemble à une kogal de Shibuya... juste un dieu !

            Quant à Oh Great !, la similitude m’a vraiment frappée, pour les points déjà cités, mais aussi pour le crescendo scénaristique. TenTen est un manga plus que quelconque pendant trois tomes, dont le seul intérêt sont les phases vaguement hentai. Mais dès qu’on commence le voyage dans le passé et que les personnages prennent de l’épaisseur, c’est une grosse claque dans la tronche qu’on prend. Le dessin ne cesse de s’améliorer (et heureusement pour la coupe de cheveux du héros), l’intrigue se complexifie... mon budget manga s’est sévèrement réduit ces dernières années, mais il y a toujours de la place pour Tenten !

            Morita, moi j’adore. J’ai beaucoup aimé Rokudenashi Blues pour son côté excessif et franchement débile, mais Rookies c’est vraiment au-delà, peut-être le meilleur manga sur le sport, ou tout du moins sur la manière dont une équipe se créée, et c’est pourtant pas gagné avec un sport aussi abscons que le base-ball. Pourtant, une fois la lecture achevée, t’as juste envie d’aller batter un peu ! Pis bon, le travail sur l’évolution des caractères des persos est d’une subtilité assez hallucinante.

            Nemotaku va devenir un lieu de réhabilitation pour les bonnes lectures oubliées ?

            Répondre à ce message

            • Bastard !! 1er octobre 2008 20:57, par Shakka

              C’est vrai que j’ai pas trop appuyé sur M’zelle Yoko, mais j’avoue je suis assez d’accord. C’est un personnage qui contrebalance assez bien au début (parce que la princesse Sheela... merci bien quoi). Même si je peux absolument pas piffrer son dessin au début. Autant D.S ressemble déjà bien à D.S. Autant la Yoko du début est vraiment moche par rapport à la suite. Suffit de voir l’illustr’ que j’ai mis entre l’ancienne version et la version redessiné.... C’est limite plus le même personnage. Mais bon c’était comme tu dis, assez inspiré de Madoka tout ça. Et puis pour l’époque c’était assez rare pour être souligné. Pour un manga dont le héros est un macho fini, le mélange est assez marrant. Et Kal Su, je te suis entièrement : au début il sert à rien du tout et c’est après qu’il devient vraiment badass (Un peu comme Avygael en fait). Ouais c’est franchement un truc assez impressionnant chez Hagi : il a une capacité à faire des personnages ultra classes et tout de suite très caractérisé, sans jamais s’en servir ensuite. Y’a Michael comme tu dis, mais au moins, elle a eu une longue période de vie. Mais quand tu vois toute la bande a Belzé c’est assez impressionnant. AU premier coup d’oeil on se dit « waaah ils ont l’air cool ! Je me demande ce qu’ils vont faire ! »... bah rien ! Ils regardent et ne font rien. Ou même encore Porno Diane qui ne servira qu’un seul volume. Bref la liste est longue.

              TenTen faudra qu’on en parle plus longuement. Mais étant actuellement arrêté au septième tome, j’attends d’être plus avancé. Et j’avoue que la progression est assez étonnante par rapport à ce qu’on te vend au début. Même si dans mon souvenir, dans le premier tome t’as une espèce d’ambiance bon enfant et tout, puis pouf un viol ! Heuuuuu ok ! Mais c’est vrai que l’histoire au départ branche pas plus qu’une autre. Leurs histoire de baston entre clubs (dont on comprend à peine les tenants et aboutissants) ne laisse pas un gout de fraicheur, mais c’est cool. Et puis après, y’a une tendance au drame et à l’ambiance glauque qu’est plutôt bien foutu. Faut vraiment que je m’y remette, mais les Panini Comic... bon ce sont des jolies éditions. Mais c’est grave cher quand même.

              Morita, j’ai pas eu le temps de me pencher Rokudenashi Blues, J’ai Lu ne m’en ayant pas laissé le temps, mais ça avait l’air pas trop mal. Par contre Rookies c’était franchement surprenant et très bon. Même si à un moment, je trouve que justement il a cédé à la facilité au niveau du caractère des personnages, ce qui m’a un peu déçu. Mais faudra que j’en fasse une chronique de ce titre.

              Répondre à ce message

  • Bastard !!

    2 novembre 2008 17:58, par Aldric

    Bon que dire à part que je suis d’accord sur à peu près tout ce que dit l’article, c’est probablement le meilleur résumé de tout ce qui fait de Bastard !! un manga unique et légendaire.

    Outre l’évidence du niveau hallucinant du trait d’Hagi, deux aspects m’ont particulièrement marqué, la capacité d’Hagi à créer un scénar qui tient étonnamment bien la route malgré le fait qu’il l’écrit probablement au jour le jour, et son talent pour dessiner des personnages mémorables. Regardez dans le Databook les 4 Empereurs Antiques, on les voit sur une ou deux images et ils ont plus de charisme et de personnalité que la grande majorité des personnages majeurs d’autres manga.

    Juste une chose, pour moi c’était déjà excellent lors des premiers volumes, le scénar cassait pas des briques c’est vrai mais la marque de fabrique de la série était déjà la, le côté outrancier, de mauvais goût, qui ne se prend jamais au sérieux mais qui reste ultra classe. Le coup de l’attaque d’Ede Ee et du « sacrifice » de Gara par ex ca reste un de mes passages préférés du manga, peut être parce que je suis un gros fan de Gara.

    Répondre à ce message



Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0