
Kazushi Hagiwara est juste un Dieu. Et j’avoue, dire ça de but en blanc c’est totalement oublier que j’avais promis d’y aller mollo. Mais il faut se rendre à l’évidence ! Hagiwara est le mangaka le plus talentueux que j’ai jamais vu. Et la je parle uniquement du trait. Pour ce qui est de ses talents de scénaristes, il s’agit d’un point que nous allons aborder un peu plus bas. Mais avant toute chose, nous allons commencer par un petit retour en arrière, histoire de nous rafraichir les mémoires sur cette aventure pour le moins épique.

« J’en peux plus ! Je suis naze ! ». Hagiwara, volume 1
1987 ! Le premier chapitre de Wizard, manga d’Heroic Fantasy, est publié au Japon dans le Weekly Shonen Jump. L’auteur s’appelle Kazushi Hagiwara et fût l’assistant d’Izumi Matsumoto, très célèbre pour son manga orange Road. Il s’agit de sa première longue série qui sera très vite rebaptisée sous un nom plus familier : Bastard !! Série toujours en cours actuellement. Eh oui ! Cela fait maintenant plus de 20 ans qu’Hagiwara nous conte la légende de Dark Schneider ! Une sacrée durée pour une série qui ne compte finalement que 25 volumes au jour d’aujourd’hui. Il faut dire que la publication a connu moult aventures ! Si la série a commencée par une publication hebdomadaire classique, elle n’attendra pas dix volumes pour finalement devenir trimestrielle (publication plus lente mais chapitres plus longs). Et puis après le tome 18 plus rien. La série est finalement abandonnée par Shonen Jump, la faute a une série de plus en plus borderline avec une violence et des séquences à caractère sexuel très poussés. La série sera reprise par l’Ultra Jump mais avec un rythme de parution… du genre Sonic très vieux. Etant lent de nature, Hagiwara mettra de plus en plus de temps pour sortir un volume. L’attente entre chaque tome dépasse parfois les deux ans. Autant dire qu’il faut la patience d’un sage. Mais ne tirez pas une conclusion hâtive comme quoi l’auteur serait un paresseux qui ne bosse pas. Bien au contraire, Hagiwara est surement le mangaka le plus taré au monde. Mais j’aurai le temps d’y revenir.

« Vous pouvez tous crever ici ! » D.S
Que raconte Bastard !! concrètement ? Dans les grandes lignes on pourrait juste résumer ça par l’histoire de Dark Schneider, le sorcier le plus puissant que le monde ait connu. Ceci étant la base de tout. En ce qui concerne la trame plus en profondeur, eh bien c’est un petit peu plus compliqué. L’œuvre étant découpé en plusieurs cycles : l’armée des ténèbres ; le requiem des Enfers ; Crimes et Châtiments, Les lois Immorales et le p’tit nouveau fraichement entamé : les défenseurs de la Foi. Et l’on peut dire qu’entre le premier et le dernier cycle, il s’est passé un nombre d’événements assez imprévisible. D’ailleurs au début, le manga était en somme toute classique dans son scénario : une guerre fait rage dans un monde médievalo-fantastique et une armée tente de ressusciter Anthrax, le Dieu de la destruction. Mais pour leurs barrer la route, il reste l’espoir du plus puissant magicien : Dark Schneider, enfermé dans le corps d’un petit garçon, dont seul le baiser d’une jeune fille pure permet de libérer le sceau. Oui vous pouvez le dire : ça sonne d’un banal terrible. Mais à ce niveau il faut prendre en compte un élément important : D.S (ou Darsh), qui est tout simplement l’anti-héros le plus cool qui ne fut jamais créé. Le fait étant que s’il était enfermé dans le corps d’un enfant c’était bien pour quelque chose, le gaillard ayant tenté de conquérir le monde par le passé. Mais pour survivre, les hommes sont prêts à réutiliser ce qui a failli les détruire(petite référence Eva au passage). Bref, voila que le sort de l’Humanité repose sur un personnage surpuissant, macho, égoïste, pervers, sadique, vulgaire, prétentieux qui n’a qu’une seule envie : conquérir le monde et ainsi rendre au moins la moitié de l’humanité heureuse par le simple fait de créer un Harem ou seront réunis toutes les femmes, et il n’y a pas plus grand bonheur dans l’univers que de coucher avec lui (selon ses dires).
Il faut alors dire les choses telles qu’elles sont : le seul intérêt du manga à ce moment c’est bien D.S. Personnage atypique, véritable anti-héros avec un égo qui n’a jamais été égalé, c’est lui qui apporte toute la saveur à ce titre d’Heroic Fantasy bien classique. Pas mauvais non plus certes, mais l’histoire d’un Dieu du mal qui va être ressuscité c’est franchement pas neuf. Quant aux personnages secondaires ils sont d’une part, beaucoup trop nombreux pour qu’on s’y attache et ne supportent pas longtemps la comparaison avec le héros du manga. Hagiwara le sait d’ailleurs très bien en s’octroyant souvent des volumes ou le D.S n’apparaît pas (que D.S ne se gêne d’ailleurs pas pour le signaler. C’est quand même lui le héros !). Il y a pourtant dans ce flot de personnages, certains qui finissent par sortir du lot tel que Gala, Archess Ney, Kal Su ou bien entendu Yoko… Mais la c’est un problème de temps de présence auquel on se heurte étant donné que tout le monde attend son tour pour venir faire un petit coucou. Au niveau du graphisme il ne cesse de progresser c’est un fait, mais il accuse quand même son âge : ce manga a bien 20 ans et n’est pas le plus beau qui existe de surcroit. La seule chose qui s’avère déjà très impressionnante sont les scènes d’affrontement : ultra détaillées et malgré tout toujours lisible. Hagiwara flirte toujours avec le bordel total mais n’y cède jamais, ce qui fait la grande force graphique de ce manga… au début en tout cas. On pourrait dire alors que le dessin d’Hagiwara en était à son Age de fer.

« Dieu a perdu patience »
Et voila que l’on arrive à un tournant majeur : le manga était censé durer 14 volumes au départ, mais finalement il continue. Certains fans regrettent d’ailleurs que le manga ne se soit pas terminé comme prévu avec la mort d’Anthrax. Mais très sincèrement je n’ai jamais compris pourquoi. C’est vraiment à partir de ce moment que le manga va devenir indéniablement Génial, Ultime, Culte, Incontournable et un Classique absolu. Regretter que le manga ait pris cette voie, c’est comme regretter le passage de la VHS au DVD. Mais sûrement que ces fans veulent surtout dire qu’au moins, on aurait eu la certitude que le manga aurait une fin. Mais la encore je n’adhère pas.
A partir du volume 15 on rentre dans une période de transition qui va durer trois volumes. L’intrigue prend une tournure totalement Biblique avec l’arrivé des Anges, des Dominion, des Archanges et surtout des Séraphins. Le méchant Anthrax dans tout ça ? Haha de la brioche ! Et qu’est-ce qu’ils font tous ces gentils Anges ? Et bien ils déciment la majorité des personnages secondaires et c’est pas un mal, y’en avait quand même beaucoup. L’histoire prend donc un risque énorme en nous balançant en pleine gueule le fait que tout ce qu’on a lu jusqu’ici n’était pas le véritable récit et que maintenant vont débuter les choses sérieuses. C’est donc parti pour de longs volumes de carnage qui auront été souvent qualifiés d’inutiles et une façon pour Hagi de gagner du temps. Ce qui ne tient pas vraiment la route étant donné qu’il se passe concrètement des choses : la destruction de l’Humanité par les Anges, l’entrée en scène de Lucifer et la disparition de D.S. Le manga fait ce que j’appellerai une remise en perspective scénaristique : alors que l’on pensait que l’intrigue était avant tout focalisée sur la résurrection d’Anthrax et le combat avec D.S, des Anges font leur apparition. Ce qui rend l’affrontement de certains personnages soudainement obsolètes. Nous sommes là dans une toute autre vision du récit, ce qui est à la fois très perturbant mais que je trouve absolument brillant. Tout cela alors que le dessin d’Hagiwara atteint son Age d’Or : c’est sublime, c’est détaillé et chaque page est d’une beauté à couper le souffle. Ca fourmille tellement de détails, que même de simples personnages d’arrières plans possèdent une véritable identité graphique (les connaisseurs se rappelleront de l’Ange Gardien et l’Ange à Pouvoir qui accompagne Michael dans le 17ème tome, qui ne réapparaîtront jamais par la suite).

S’en suit un volume 18 assez inexplicable en soi, mais qui n’est que la suite et conclusion logique de cette transition. Le personnage principal déambule dans les Enfers et l’auteur en profite pour s’offrir un trip graphique et scénaristique, nous démontrant ainsi qu’on lit l’œuvre d’un bonhomme avec de graves problèmes mentaux. Et pour tout vous dire, c’est génial tant c’est hors-norme. D’autant que dans ce fatraque, il y a une multitude d’éléments scénaristiques essentiels à la compréhension et à l’avancement de l’intrigue : telle que la notion d’Adam ténébreux ou bien encore l’apparition de toute la clique à Satan (personnages au design ultra classe). Mais beaucoup de gens n’y ont vu qu’un gros bordel et n’ont pas vraiment fait attention à ce qu’on leurs racontait. Ce qui fait que si vous décidez de feuilleter un volume de Bastard !! pour vous donner un avis, évitez absolument ce tome : vous n’allez rien comprendre du tout. Ce qui est finalement la tendance à partir de ce volume.

« Je suis un Gentleeeeeeeeman ». Conronne
Au moment ou le lecteur lambda, amoureux des premiers volumes, commence à ne plus rien y comprendre, Hagiwara donne le coup de grâce. Ce n’est rien d’autre qu’un bond dans le temps de deux ans que l’histoire va faire. Les êtres humains sont réduits à l’état de bêtes errantes cherchant à survivre, tandis que la terre est devenue le champ de bataille des Anges et des Démons. Mais qu’est ce qui s’est passé ? Et bien c’est rapidement expliqué, mais tellement rapidement que, là encore, les lecteurs inattentifs attendent toujours qu’on leurs explique. Mais au final pourquoi un tel bond dans le temps ? Tout simplement parce-que comme expliqué au début, la publication fût abandonnée au volume 18. Pendant ce temps, le bonhomme n’a pas chômé et a continué de dessiner une partie de l’histoire mais sous forme de doujin (manga amateur), n’ayant plus d’éditeur pour le soutenir. Cette partie, il était censé revenir dessus dans le manga, mais aujourd’hui encore, il ne l’a pas fait et il ne risque pas de le faire. Et finalement Ce n’est pas un drame : les quelques informations qu’il nous a donné sur cette période sont amplement suffisantes pour boucher le trou (il suffit de faire l’effort). Le seul regret serait que cette partie mettait en scène mon Séraphin favori et que du coup… bah son rôle se voit sévèrement diminué (à part l’attaque « méga larmes » mais bon…). Ce choix scénaristique est d’autant plus couillu qu’on se retrouve en suspens sur le sort de plusieurs personnages disparus et qu’a la place, on se contente de retrouver des protagonistes de seconde zones dont ont avait oublié l’existence (tout comme D.S qui les reconnait pas non plus).

Donc à partir du 19ème volume se déroule la bataille entre les Anges et les Démons, avec bien entendu D.S au centre de ce joyeux bordel. Et là encore, la narration prend des risques très surprenants. Le méchant qui nous est présenté, Conronne le Gentleman des Enfers, est introduit comme anecdotique et fait juste office de mise en bouche pour nos Séraphins. Quant à D.S il apparaît un peu de nulle part et décide d’affronter un Séraphin qui lui revient pas (parce qu’il est plus grand que lui et qu’il n’aime pas ça. Oh et y’a une histoire de sourcils également). Mais durant toute cette bastonnade, il semble que Conronne cache quelque chose sans qu’on y prête attention. Ce qui est dommageable vu qu’il s’avère s’agir d’un élément clé employé dans le volume suivant. Et là encore, le schéma narratif est intéressant : à la lecture de ce volume, il ne se passe à priori rien d’essentiel et on se dit qu’Hagiwara s’est encore perdu en route (du moins les détracteurs). C’est uniquement à la lumière du volume suivant qu’on constate que la situation n’était pas anodine, que les personnages ne sont pas là juste par hasard, que ce méchant n’est pas si banal et que ce sont les prémices dans un événement important. Et c’est franchement très intéressant car en général, un manga ne lance jamais une intrigue sur une situation quelconque qui prendrait de l’ampleur. D’habitude rien n’est gratuit dans la narration, et l’on sent dès l’introduction quand il va se passer quelque chose d’important. Pas dans Bastard !! Ce manga s’amuse régulièrement à partir d’une situation complètement anecdotique avant de partir sur quelque chose de critique. Ce qui nécessite au final une lecture plus attentive qu’on le penserait, du moins si on veut comprendre ce qui se passe au niveau de l’histoire. La lutte prenant ensuite de nouvelles proportions et faisant apparaître un ennemi insoupçonné et qui semble être le rouage d’un plan bien tordu d’un certain Belzebuth.
Après cela, l’histoire se lâche encore plus pour atteindre désormais son dernier cycle « Les défenseurs de la Foi ». Et la encore, Hagi décide à nouveau de nous surprendre en réhabilitant la première partie de l’histoire. Car si Bastard !! était avant tout un manga de Dark Fantasy, il s’est à mesure transformé en un manga mystique, Biblique… ou comme vous voulez. Et ces deux facettes ont toujours été bien distinctes et sans grand rapport. Ce qui sera désormais le cas dans cette dernière partie, mais cela je le laisse au bon plaisir de ceux qui liront le bouquin.

« T’as vu ? Même avec juste la tête je suis vachement beau ». D.S
On parle de l’histoire mais on ne peut pas ignorer quelque chose. Le dessin d’Hagiwara qui en est à l’Age Divin. Aucun autre manga n’a une telle finesse graphique, un tel souci du détail et de la mise en page. C’est plus que beau, c’est sublime… c’est divin. Et l’on sent bien que le format si petit d’un manga ne correspond pas bien à l’épanouissement de son graphisme. Du coup il n’hésite pas à employer régulièrement les doubles pages pour offrir la dimension épique nécessaire à son œuvre. Il faut savoir que dans le manga, la double page est souvent considérée comme une facilité (histoire de remplir deux pages facilement). Mais il suffit de jeter un œil à celles de Bastard !! pour comprendre qu’au contraire, plus il y d’espace, plus il y a de détails à faire. Le design des personnages et surtout leurs costumes se permettent tous les délires et tous les styles, ainsi que le bestiaire qui ne cesse de s’agrandir. Il faut dire que le côté cauchemardesque des Enfers a beaucoup inspiré l’auteur avec des monstres sadiques et maitres de la torture en pagaille. Quant à ces personnages féminins, ils sont terriblement sexy. Les affrontements eux, disposent d’une mise en scène d’une précision et d’une richesse inégalée. Avec des références parfaitement en adéquation avec l’univers, tel que Devilman. Le manga est d’ailleurs « récemment » passé à l’informatique et c’est encore plus impressionnant. Non seulement la transition s’est faite avec une incroyable facilité, mais elle a également apporté de nouveaux effets et un sentiment de relief encore plus appuyé qu’avant. Certains pourront reprocher le côté un peu plus lisse du dessin (dont moi, j’aime beaucoup les crayonnés), mais en conclure que c’en est du coup moins beau est une bêtise. Hagiwara n’a jamais aussi bien dessiné et l’on se demande vraiment s’il va un jour atteindre une limite.

Bien entendu ce graphisme et ce souci du détail hors-norme à un prix. Et du coup je pense qu’il est temps que je parle d’un autre personnage de Bastard !! : Kazushi Hagiwara. Car il est bien plus que le mangaka, il devient à force de temps un véritable personnage de Bastard !!, dont on suit les aventures en parallèle. Sous forme au départ de mini-strips de 4 cases par volumes nommés « les milles et une nuits à Koenji » puis « les humeurs de Kishijoji », pour ensuite rajouter à cela des pages bonus baptisées « Hagiwara parle », ou le bonhomme nous parle de son état d’esprit, de ses humeurs et bien d’autres choses encore (parfois n’importe quoi). On s’attache très vite à ce personnage complètement fou, qui se ruine la santé et qui tue ses assistants à la tache. Et au travers de ses délires on peut mieux comprendre de quelle façon est créée Bastard !! Tout ceci donne un sentiment de proximité avec l’auteur, et du coup avec l’œuvre, qui est inédite dans l’univers du manga. On en vient au final à autant attendre le nouveau volume autant pour l’histoire que pour avoir des nouvelles de cette vieille fripouille d’Hagi. On y découvre la création du Studio Loud in School (le plus réputé au Japon pour son tramage), les publications de son doujin Megadeth ou encore des anecdotes complètement farfelues. Parfois incompréhensible dans ses références (« Silver est vivant !!! »), parfois d’une honnêteté incroyable (« désolé ! J’avais pas d’idée ! »), Hagiwara devient le personnage que l’on cherche à cerner pour mieux comprendre son univers et son travail. Mangaka Otaku, qui ose absolument tout (de mémoire, c’est le seul manga ayant une double page ou il y a juste écrit à la main ce qu’on est censé voir), qui fait des références de Heavy Metal partout (et le bougre a plutôt bon gout), qui sort les théories les plus farfelues (« Même si ça n’a pas de sens, il faut au moins que ce soit agréable ») et qui va jusqu’à lui-même dessiner des doujins Hentaï de son titre (même si le manga est déjà parfois très chaud). Kazushi Hagiwara est un personnage aussi taré que passionnant.

Son seul défaut est en fait sa force : son rythme de parution. Le fait étant que le bonhomme prend énormément de temps à sortir un chapitre, mais cela pour offrir des volumes plus soignés que n’importe qui d’autre. Et pour ça il faut des assistants qu’il forme lui-même. Assistants qui finissent par vite s’en aller une fois leur formation achevée en général (du coup rebelote). Et je ne parle pas du passage à l’informatique, ou le nouveau volume a mis plus de temps que jamais avant d’arriver. Ajoutez à ça une idée totalement farfelue qui lui a pris on ne sait quand : redessiner les premiers volumes, car le dessin n’a franchement plus rien à voir avec le sien aujourd’hui. Alors il va retoucher tout ça ! Chose qu’il va publier en grand format sous le nom de « Complete Edition ». Si le résultat est époustouflant, il n’empêche que c’est du temps de travail supplémentaire qui retarde la publication de la suite du manga. Pour avoir une échelle de temps prenez ceci : lors du volume 20 le manga fêtait ses dix ans. Aujourd’hui l’œuvre faite ses 20 ans… nous sommes au 25ème tome. Eh oui ! Il faut savoir être patient. Un Bastard !! ça se mérite ! D’autant que la Complete Edition en France… on peut toujours rêver.

Mais pour parler très franchement, ce n’est pas de devoir attendre qui pose problème (sauf pour les lecteurs aigris). Ni le fait qu’on perde un peu le fil entre chaque sortie de volumes, car il y a quand même moyen de se rafraichir la mémoire, surtout depuis la sortie du Data Book qui est une véritable Bible et qui permet de se remettre les événements en tête sans avoir à relire toute la série. Le problème vient que beaucoup de gens ont tendance à oublier qu’il s’agit d’un manga. Et du fait de l’attente, la majorité des lecteurs considèrent que chaque tome doit faire avancer de façon fulgurante l’histoire, ce qui n’est pas le cas. Il ne faut pas rêver ce n’est le cas d’aucun manga ! Il y a forcément des volumes un peu moins cruciaux que d’autre. Mais comme il faut attendre (putain de gravement la vache) plus longtemps que pour un manga traditionnel, on a tendance à oublier ce petit détail.

« T’inquietes pas ! D.S est invincible ! ». D.S
Ai-je d’autres choses à dire sur Bastard !! ? Bien entendu ! Je pourrai continuer même durant fort longtemps. Mais je ne pense pas que cela aurait un intérêt pour l’instant. Attendons plutôt qu’Hagiwara termine son bébé en espérant qu’il ne le bâcle pas. C’est un risque, mais quelqu’un qui s’octroie plus de deux ans pour sortir un volume ne va surement pas bâcler son unique titre. Si c’était le cas, il aurait pu conclure beaucoup plus vite en se prenant moins la tête. Le seul risque étant surtout qu’il meurt avant. Mais je vous prierai de croiser les doigts avec moi pour que ça n’arrive pas. Manga complètement hors-norme, qui ose tout que ce soit graphiquement ou narrativement. Bastard !! est le plus beau manga jamais dessiné avec une histoire démesurée et un personnage principal le plus classe qui n’a jamais été fait. On peut ne pas adhérer à cet Univers de Fantasy Biblique qui se la raconte à mort, avec son héros pervers et macho, ses filles aux grosses poitrines, son humour trash et son histoire bordélique à souhait. Mais tant pis pour ceux qui n’aiment pas. Ils passent à côté de l’univers le plus débridé et le plus audacieux que le monde du Manga nous ait offert. Clairement un titre à part pour une infinité de points, Bastard !! est pour moi ce que j’ai lu de meilleur dans son genre et que j’ai très vite élevé au statut d’œuvre culte et de « Manga favori » mais qui s’avère difficile à aborder. Un Chef d’œuvre qui se savoure entre connaisseurs seulement. Et comme je commence à me répéter et que je sens que je pourrai dire que c’est génial pendant encore très longtemps, je vais plutôt conclure comme Hagiwara aurait commencé :
« Pardon et merci ».
