Avant de commencer cette critique, j’évacue de suite la polémique dû à la censure. Oui, Soleil a sucré des éléments de 3 pages représentant grossièrement des silhouettes de gamines à poil. Bon j’avoue qu’à titre personnel ça ne me choque pas plus que ça pourvu qu’on se limite à ça niveau censure. C’est certes hypocrite et lâche de la part de Soleil et je comprends tout à fait qu’on puisse être en complet désaccord. Mais ce qui me choque par contre , encore une fois, c’est qu’on vende ce manga à l’air libre (comprendre pas dans un blister) au beau milieu d’un supermarché à côté de la réedition de Card Captor Sakura. Un minable logo Parent Advisory (en anglais !) et basta. Ca par contre c’est du foutage de gueule ! Bref fin du débat. Revenons à l’œuvre.

Pour bien comprendre l’histoire de WtNHK, il convient de bien planter le contexte. Le héros de cette histoire se nomme Satô, un hikkikomori qui n’est pas sorti de chez lui depuis des années et qui vit de l’argent de poche de ses parents. Il a pour voisin Yamazaki un otaku pur et dur qui rêve de développer avec Satô un eroge qui les rendra riches. Tout irait pour le moins mal si jamais ne venait pas se mêler à la vie de Satô Misaki, une jeune et joli jeune fille prétendant pouvoir guérir les hikkikomori .
Au travers le prétexte de Satô, de ses compagnons et de leurs malheurs, le scénario de WtNHK dresse un portrait au vitriol des maux de la société japonaise où tout y passe plus ou moins. Des suicides collectifs aux accrocs aux médocs en passant par les arnaques au commerce pyramidal, la vision de WtNHK est noire sans toutefois jamais remettre en cause l’espoir.
Seulement, il existe une grande différence entre les 2 adaptations. Là où l’anime adopte un rythme relativement lent et sérieux, le manga fonce à toute vitesse en surlignant à l’excès les gags.
Dans le manga Satô est certes plus violent dans ses actes et on y voit plus de choses mais tout ça n’est dû qu’aux limitations imposées aux animes. Le véritable problème reste toutefois que, tel son éditeur, le manga donne l’impression de ne pas s’assumer du tout.
Là où l’anime était sérieux, le manga veut nous faire rire ce qui est d’une connerie abyssale car l’histoire est avant tout une tragédie. Outre ça, le rythme étant largement plus rapide, des moments tragiques et émotionnellement forts de l’anime deviennent dans le manga des monuments de foirage !
L’exemple le plus frappant est celui du personnage de Misaki qui était super difficile à saisir dans l’anime. Brave mais timide, toujours présente mais complètement en retrait , Misaki avait un rôle totalement à part constamment entourée d’un aura de mystère. Elle devient ici maligne (!), parfois totalement incohérente et joue à peine son rôle. Heureusement que la senpai de Satô accro autant aux médicaments qu’à la théorie du complot s’en sort elle mieux.
La palme du pire revenant toutefois à la fin du volume 2 dont les événements était un des passages les plus importants de l’anime. Alors que tout était réuni pour que tout finisse bien, l’anime dévoilait à la dernière minute un pan de scénario complètement inattendu et qui bouleversait la donne. Le manga traite ça par une pirouette de scénario en totale opposition au message original et se permet de conclure par un gag minable suivi d’une considération philosophique à 2 balles sur les hikkikomoris.
Bon, soyons tout de même réaliste, on est loin d’avoir affaire à une catastrophe et ce manga se lit plutôt bien. Mais je suis en profond désaccord avec la ligne éditorial beaucoup trop légère qu’il suit. WtNHK est une histoire lente, dur, souvent triste voire dramatique et peuplé de personnages malheureux et pathétiques. Ne pas assumer cela, c’est réduire à néant la portée de cette œuvre et c’est exactement ce que fait le manga.
Exception à la règle par conséquence : je vous conseille de préférer pour une fois de vous tourner exclusivement vers l’anime.


