
Pour commencer, ma plus grande difficulté est que je ne peux pas vous raconter un résumé de l’histoire vu que l’expérience de lecture tient pour bonne partie à la découverte de ses éléments majeurs.
Le postulat de départ est assez simple, un groupe de jeunes collégiens se retrouve embarqué dans un « jeu ». Aux commandes chacun leur tour d’un robot géant contrôlé par la pensée, ils doivent abattre des monstres qui s’en prennent à la Terre. Un genre d’Eva 01 et d’Anges si vous voyez ce que je veux dire.

Sauf que ce manga est signé Mohiro Kitoh qui est loin d’être aussi tafiole que Sadamoto quand il s’agit de faire sombrer une histoire dans le pessimisme. Ceux qui connaissent cet auteur, largement inconnu en France, reconnaîtront sans mal ses thèmes car Bokurano est un « classique » de ce mangaka. Entre violence brutale, décès inattendus et autres malheurs, Kitoh crée une histoire à l’ambiance toujours malsaine, aux personnages dérangés et fragiles et ne cherche jamais à trouver un sens à tout ça. Mais là encore, je ne puis vous en dire plus sous peine de vous gâcher l’expérience.

Car Bokurano c’est avant tout la vision décalée de son auteur du manga. Au travers d’une histoire crade, violente et pessimiste dont il serait vain de chercher la moindre signification , il dresse un portrait à part de différents types d’enfance et de réactions humaines face à l’absurde injustice de la vie. Profitez en, Bokurano est actuellement la seule œuvre de Kitoh disponible en français et l’expérience vaut le coup.