Accueil du site > Otaku > Manga > Bokurano (Tomes 1-9), qu’as-tu fait de ton enfance ?

Bokurano (Tomes 1-9), qu’as-tu fait de ton enfance ?

C’est un type, il s’appelle Rano...

vendredi 23 juillet 2010

Tout commence assez abruptement. Une bande d’amis. 8 garçons, 7 filles. Presque tous jeunes collégiens. Alors qu’ils sont en vacances à la plage, ils découvrent dans un coin reclu au bord de la mer une grotte. Une exploration improvisée commence. A l’intérieur se trouve de nombreux appareils technologiques et un homme : Kokopelli est son nom. Ce dernier, un peu bizarre, leur raconte qu’il a crée un jeu visiblement très évolué. A contrario, le principe est simple. L’on pilote un robot géant dont le rôle est de protéger la Terre des invasions extra-terrestres. Il finit par convaincre les enfants de participer. Tous sauf un apposeront leur main sur une étrange pierre qui sert de « contrat » pour jouer. Surprise toutefois, peu après ce drôle d’événement, nos héros se réveillent ailleurs, pensant avoir tous rêvés la scène. La nuit suivante les détrompera très vite. Le jeu est devenu une réalité. Les différents membres de la bande d’amis vont alors à tour de rôle devoir piloter le robot géant en vue d’éliminer des ennemis tout aussi gigantesques.

A première vue, le scénario de Bokurano n’offre rien de bien nouveau à se mettre sous la dent pour un manga. Une bande d’ado qui va sauver le monde avec un robot géant, c’est loin d’être l’idée d’une originalité à se pâmer. Pourtant, ne sois point trop pressé, preux lecteur. Car à la lecture de ses premiers chapitres, tu es très loin de te douter d où Bokurano veut t’emmener. Petit à petit, page après page, chapitre après chapitre, un certain malaise se met en place au fur et à mesure que les vraies règles du « jeu » initié par Kokopelli sont dévoilées. Je ne peux malheureusement pas vous en dire plus sous peine de spoiler mais sache le, on a affaire ici à une œuvre très loin d’être manichéenne. Semblant d’ailleurs s’être donnée pour principe de balayer tout aspect simpliste, toute pensée primaire, l’histoire de Bokurano se fait fort de montrer beaucoup de questionnements et peu de réponse définitives.

Pour cela, Bokurano mise énormément sur sa carte majeure : ses personnages. Toute une bande d’ados ou de pré ados, autant d’histoires différentes permettant de livrer une intrigue qui sait prendre son temps et qui n’a pas peur d’afficher une certaine profondeur. Dans la démarche, cela m’a rappelé étrangement Evangelion qui avait mis ses ados pilotes et leurs déboires intérieurs au cœur de son univers. Dans le cas de Bokurano, le principe est poussé encore plus loin. Ainsi si au travers des chapitres le fil rouge global (sauver la Terre, les vraies règles du jeu, …) est toujours présent, le mangaka n’hésite pas à le reléguer très vite au second plan et à appuyer sur la touche Pause sur cet aspect pour pouvoir travailler à longueur de pages et de bulles ses personnages.

C’est d’ailleurs une caractéristique assez unique de ce manga : certains lots de pages voire certains chapitres complets sont remplis de longues et nombreuses bulles. Ce qui donne parfois l’impression qu’on se met à réellement lire un livre plutôt que de la bande dessinée. Tel un rituel immuable, les histoires personnelles des pilotes de Bokurano sont ainsi largement détaillées juste avant que ne viennent leur tour de combat. Ce dernier bien qu’étant forcément rempli d’action sert plutôt de conclusion aux questions posées par l’histoire du pilote. La réponse se trouve dans le combat. Toutefois l’histoire n’échappe pas au côté « catalogue » de problèmes de l’ensemble, façon GTO qui enchaînait lui aussi les élèves à problèmes. Mais cet aspect est bien mineur face au travail effectué par l’auteur sur chacun de ses personnages qui a pour atout décisif de tomber quasiment toujours juste ou à défaut pas trop loin.

Abordant ainsi des considérations sérieuses sur notre condition d’être humains, sur la jeunesse voire l’enfance, l’éducation, l’errance et bien d’autres sujets, les histoires alternent entre des situations assez basiques dans les faits mais néanmoins convaincantes de conviction tandis que d’autres brillent plutôt par la complexité des émotions et des événements. Tous abordés avec un ton d’une désarmante neutralité face à la violence de certains faits, ces récits parviennent à susciter chez le lecteur un éventail de réactions presque aussi important à la lecture que les rebondissements de scénario.

Bokurano est un manga trompeur. Malgré ses graphismes assez enfantins, il se révèle très loin d’être innocent. A l’heure où j’écris ces lignes (il est 22h17), je n’ai toutefois lu que les 9 volumes parus en France et visiblement l’auteur garde encore pas mal de secrets sous le coude tandis que l’histoire elle s’accélère fortement. Pourtant, déjà, je vous recommande vraiment de tenter l’aventure car Bokurano est un manga maîtrisé et troublant mais surtout une œuvre qui fait réellement réfléchir à ce qu’elle dit. Caractéristique suffisamment rare pour être distingué.

On en reparlera.


10 Messages de forum

  • Si vous avez acheté ce manga chez Asuka et que vous ne supportez pas l’idée même de censure, faites comme moi : revendez-les, puis achetez la version américaine.

    Quand on achète une licence, on assume !

    Répondre à ce message

    • C’était pas une question de législation cette histoire de censure du tome 2 ? En tout cas, si je peux comprendre la position de principe, le coup de revendre pour importer me semble un peu trop pain in the ass pour si peu. Et surtout une détail mineur comparé à la qualité du truc. De plus, perso on m’en aurait pas parlé, je pense que ça me serait passé sous le nez sans aucun problème.

      Répondre à ce message

      • J’ignore si c’est une question de législation, et ma fois, je m’en moque. J’ai déjà eu l’occasion d’en discuter avec un responsable d’Asuka (de la manière avec un de chez Soleil après la censure sur NHK ni Youkoso), et c’est avant tout une histoire de principe : je paye pour obtenir un produit complet, et je refuse que quelqu’un choisisse à ma place ce que je peux lire/voir ou pas. En l’occurrence, il me semble que Asuka avait le choix entre la censure et la vente du tome sous plastique, ce qui leur paraissait dangereux pour la vente du manga. De toute façon, celles-ci ont été médiocres, et je sais ne pas être le seul à avoir refusé d’acheter une version tronquée, même si seulement légèrement. Asuka a bien réussi son coup...

        Si nous commençons à légitimer ce genre de comportement, les éditeurs auront probablement de moins en moins de scrupule à recourir à ce procédé. Donc, qualité du manga ou non, je boycotte et j’attends une version complète, dut-elle sortir aux USA. Pour moi, dans le cas présent, Asuka n’a tout simplement pas eu le cran d’assumer le contenu du manga qu’ils avaient acquis, point. Dans ce cas, il ne fallait pas l’acquérir.

        Répondre à ce message

        • Je suis d’accord sur le fait qu’Asuka a merdé dans cette histoire. Après j’estime que c’est regrettable mais pas au point de ne pas acheter malgrès tout la version française. Mais sur ce sujet, c’est à chacun de se déterminer en fonction de ses principes. Du moment que l’oeuvre est lue, c’est là l’essentiel.

          Répondre à ce message

  • Et pas un mot sur les autres productions du monsieur ? Pas un mot sur la polémique Glénat/NaruTaru ? Pas un mot pour dire que ce manga n’est pas à mettre entre toutes les mains du fait de ses thématiques un poil violentes ?

    Répondre à ce message

    • Sur le fond, aborder les autres productions de Mohiro Kitoh ou la polémique avec Glénat sur NaruTaru j’admets que ce serait intéressant mais là n’était pas le sujet de l’article. Plus bêtement, je n’ai tout simplement pas les connaissances pour le faire étant donné que je n’ai rien lu d’autre que Bokurano de cet auteur.

      En ce qui concerne le public visé, j’aurais pu en faire mention c’est vrai. Il faut effectivement avoir une certaine maturité pour aborder Bokurano au vu du ton et des sujets abordés. Une mention certes mal placé est toutefois présente sur les volumes d’Asuka. Merci toutefois pour cette remarque.

      En revanche, QCTX je tiens à te dire que ton commentaire a un vrai ton de donneur de leçon qui sérieusement me les brise sévère. Ce qui est dommage car ça dessert ton propos pourtant intéressant.

      Répondre à ce message

  • Bokurano (Tomes 1-9), qu’as-tu fait de ton enfance ?

    24 juillet 13:26, par locogitatio

    Nemo => En fait l’intérêt de bokurano c’est l’exploration sans concessions du mal être sous toute les forme qu’il peut prendre à l’adolescence. C’est triste émouvant et peut être que certains sont passé par là, ou peuvent s’y reconnaitre dedans, même si dans cet oeuvre ça va direct aux extrêmes. Petite remarque, si tu t’énerves pour si peu (même si je comprends que certain genre de commentaires soient pénible), tu as pas fini de te prendre la tête avec les gens ^^

    Gemini => l’alternative, si acheter une version us rebute, c’est la version animé non licenciée par contre je ne sais pas si elle respecte les 11 tome. En tout cas je te rejoins sur le fait que ça fait chier d’acheter au prix fort un bouquin qui en plus de ça sera censuré par des bien pensant se souciant sois disant de notre sensibilité ( ce qui n’est pas le cas puisque le plus souvent c’est leur propre image qui compte). Limite je pense que le boycott ne sert à rien, si un éditeur a décidé de censuré tout ce qui lui posait des problèmes et si il voit que ça ne se vend pas, quel intérêt de continuer à acheter de telles licenses. Je sais, c’est tordu comme raisonnement ^^

    QCTX => La polémique glénat/naru taru n’a peut être pas lieu d’être car à l’époque de l’acquisition de la licence et sauf erreur de ma part, glénat justement pensait avoir à faire à une histoire gentillette...etc adressé à un jeune public, le premier tome étant bien soft. Ensuite quand ils se sont rendu compte de la tournure des évènement dans l’histoire, ils ont fait marche arrière car ce n’était pas ce à quoi ils s’attendaient, ce qui est compréhensible. La réédition qui sort depuis 2009 est - elle censurée ? Parce que c’est peut être de ça que tu parles ?

    L’histoire Naru taru/glénat a 10 ans, époque où peut être les éditeurs hésitaient encore à licencier des œuvres aussi violentes mais maintenant que le public est composé d’enfants, ado et adulte, il n’y a plus de raison de censurer ou de ne pas publier avec un avertissement. De toute façon on va pas refaire le débat de la violence dans le manga, berserk par exemple malgré son emballage plastique et son macaron se vend très bien, il y a même l’habitant de l’infini qui lui est vendu sans avertissement ( alors qu’il y a des scènes de viol et/ou torture pouvant être insoutenable selon la personne). Tout ça a évolué et la moindre censure est un retour en arrière.

    Répondre à ce message

  • Bokurano (Tomes 1-9), qu’as-tu fait de ton enfance ?

    25 juillet 15:41, par locogitatio

    Gemini => oui j’ai compris ^^ Je pensais plus aux autres et à moi en particulier, n’ayant pas une maitrise de l’anglais qui me permette de lire une version us. Tiens petit hs, j’ai lu le dernier arc de Hunter x hunter et il y a également de la censure ( des cases noires pour masquer des têtes coupées ou des scènes plus violente), j’étais pas content quand j’ai vu ça ! Nemo => ben disons que je te dis ça parce que certains commentaires comme ça peuvent ressembler à du « donnage de leçon » ou de l’irrespect mais souvent c’est pas le cas, c’est juste que son auteur ne s’exprime pas avec des pincettes et ne pensait pas donner un ton désagréable à son propos. Donc faut pas te braquer tout de suite.

    Répondre à ce message



Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0