
« Quand je suis arrivé la première année ... les affiches utilisées pour l’exposition devait avoir mon âge ». C’est la remarque que fait Sasahara au sujet des affiches de promotion du Genshiken. En refermant cet avant dernier tome, on a fortement l’envie d’ajouter, « qui aurait crû que ça aurait tant changé ? ».
Transformation
J’avais déja eu l’occasion de montrer avec la sortie du tome précédent , combien Genshiken symbolisait l’échec même de la démarche de vouloir faire un manga 100% centré sur le monde otaku à travers sa réorientation progressive vers le sitcom. Un tome plus tard, la transformation est terminée et au fur et à mesure que se rapproche la fin de l’histoire , on mesure bien l’étendu du progrès. De simple scénario prétexte à montrer une ambiance, il est devenu manga. Tout simplement.
Dans ce tome 8, c’est la romance qui fait enfin réellement son apparition. Et pour autant prévisible, improbable, naïve, hésitante et détournée qu’elle soit, elle est un indéniable atout comme souvent pour les bonnes histoires. Pour un manga à la sortie proche de la St Valentin, il est difficile de ne pas y voir un joli signe.
Note au lecteur : à partir de là , j’ai commencé à dériver de façon assez sévère. Si vous cherchez uniquement une critique de Genshiken 8, vous pouvez vous arrêter là.
La loi des séries
Qu’on se le dise, la force des séries et donc des mangas, ce sont leur malléabilité. Vous pouvez changer les personnages, les faire « mourir » ou « revivre », produire de l’improbable, leur faire prendre des routes complètement désaxés par rapport à votre chemin initial ou principal, les ralentir, les accélérer .... .tout est déformable. Une vraie pâte à modeler. A condition d’avoir toujours le mouvement dans le bon sens, le lecteur vous le pardonnera toujours. C’est le cas de Genshiken dont la transformation est des plus agréables qu’il m’ait été donné de suivre.
J’ai d’ailleurs souvenir du dossier de mon compagnon de blog Shakka qui expliquait combien il appréciait Rosario+Vampire pour avoir suivi son évolution. Genshiken me fait le même effet. Il faut être parti de bas pour apprécier les hauteurs. Je ne sais pas pourquoi mais si je ne suis pas une série à son rythme de publication ou si je ne me fais pas l’intégrale en très peu de temps, j’ai toujours l’impression de manquer quelque chose, un ressentiment que j’ai souvent après lecture.
Cela peut paraître complètement stupide puisque le rythme de publication français n’est PAS le rythme de publication originale. Ce délai entre 2 tomes, le plus commun étant 2 mois, est donc une particularité qui ne dépend du bon vouloir des éditeurs. Et pourtant, Haruhi m’en est témoin que j’y suis attaché et que je ne veux pour rien au monde passer à un chapitre par semaine. Pourquoi ? Parce que cela tuerait tout ! Tout simplement.
Moi aussi, j’adore les mangas !
Laissez moi vous expliquer. Selon moi, le manga est un médium très avancé dès qu’il s’agit de raconter des histoires. Ça tombe bien , moi j’adore les histoires. Toutes sortes d’histoires.. Je suis également un très grand adepte du proverbe « A rare plaisir, grande joie » et c’est ainsi que les séries à rythme hebdomadaire m’ont toujours fait prodigieusement chier. Cela nécessite non seulement d’être régulier mais on en apprend trop peu à chaque fois. Je ne conçois même pas tenir 3 semaines si j’avais dû lire Fruits Basket ou regarder Nadia au rythme d’un chapitre/épisode par semaine.
Alors qu’en me faisant l’intégrale de Nadia en 4 nuits, j’ai eu des étoiles dans les yeux pendant des mois. Alors que tous les 2/3 mois, j’avais une sacré chargé émotionnel à la lecture des nouvelles aventures des Sôma. J’ai presque grandi avec les filles de Love Hina et à la sortie de chaque tome, c’était jour de fête tant l’attente me paraissait longue. Le jour de la sortie du dernier volume, après l’avoir fini, j’ai terminé le reste de ma journée avec une mélancolie qui ne voulait pas me quitter.
Voilà pourquoi moi j’aime le manga. Parce que c’est une dose de rêve, de rire, de larmes et plus généralement d’émotions dont j’ai besoin régulièrement. Parce qu’on ne devrait jamais cesser de se laisser conter des histoires. Et celle de Genshiken, pour y revenir quand même, en est une très belle.
