Arès étant défait, Kratos avait donc pris possession du trône vacant auprès de ses nouveaux pairs divins. Tandis que le guerrier spartiate tente d’accomplir sa vengeance en faisant tomber des villes et couler le sang, l’ire des autres résidents de l’Olympe ne cesse de croître. God of War 2 s’ouvre alors au moment où Zeus décide de mettre un terme à l’avidité sans borne de l’homme devenu dieu. Trahi et humilié, Kratos va alors se mettre en quête afin de pouvoir flanquer une correction au dieu des dieux, ni plus ni moins.
Et là, pour notre grand plaisir, on pourra constater que les gars de SCEA n’ont pas lésiné sur les moyens. A peine avons-nous revêtu notre plastron d’armure que nous voilà déjà face au colosse de Rhodes ! Rarement un jeu vidéo avait réussi un tel tour de force pour une mise en bouche. C’est aussi l’occasion de se rendre compte que, même si la génération 128 bits n’est plus au premier plan, elle peut encore offrir des titres d’une plastique absolument remarquable. Tel un beau guerrier au corps d’albâtre maniant le fer sous l’astre d’argent par une nuit opalescente, aurait dit Euripide.

Si l’on regarde bien, God of War 2 ne se démarque que par peu de choses de son aîné. Le parti pris des développeurs est sûr : on reprend les formules qui gagnent. Evidemment, pour apporter un peu d’innovation, utiliser ses lames comme un grappin ou bien ralentir le temps sont autant de nouveautés qui enrichissent le gameplay. Le bestiaire s’est lui aussi étoffé et vous aurez beaucoup de chair à canon à hacher avec vos deux lames enchaînées aux poignets : du guerrier menu et frêle au gigantesque cyclope armé de son gros gourdin, les combats promettent d’être épiques. Les QTE sont toujours au programme, vous permettant généralement d’infliger une sorte de fatalité aux ennemis affaiblis.
Tout bon Spartiate qui se respecte a certes de gros muscles et une détermination en acier trempé, mais aussi des neurones bien actifs. Ainsi, quelques énigmes dont vous viendrez à bout avec un peu de réflexion entraveront votre progression, vous laissant par la même occasion découvrir les mécanismes ingénieux de certaines phases de jeu. Les séquences de plate-forme vous demanderont de la dextérité, et l’on déplore quelquefois que la caméra ne se place pas de façon à pouvoir bien observer les environs, mais cela reste assez rare.
L’histoire de Kratos est celle d’un héros tourmenté, et God of War 2 reprend le même principe de narration qu’avant, appuyé par des cinématiques de qualité qui nous poussent à aller de l’avant. De nombreux avatars de l’aréopage mythologique grec croiseront votre chemin, et il faudra souvent en découdre dans des duels rythmés.

Inutile d’épiloguer, puisque si God of War avait redonné du sens au hack’n slash, God of War 2 rend l’expérience encore plus ludique qui se vit tout au long d’une quinzaine d’heures. C’est donc sans hésiter que je me permettrai de dire que c’est le meilleur jeu de sa catégorie, et l’un des plus grands jeux de la PS2, qui ne s’est décidément pas résignée à pousser le chant du cygne. Vivement God of War 3 !