En clair, filtrer Internet pour, nous dit on, y enlever un contenu évidemment inacceptable. Les critiques ont beau insister sur la notion de filtrage en général, les FAI ont beau clamer qu’ils n’ont rien signés. On n’en retiendra seulement qu’on va protéger les enfants contre les Marc Dutrou du net. L’affaire est dans le sac. Formidable opération politique.Commence alors le chemin de croix pour l’impossible opposition comme l’appelle Numerama.
Gageons que les journaleux n’y trouveront rien à redire, on trouvera peut être même un remake de cette fantastique Une du Figaro Magazine « Rachida Dati : Mon plan pour défendre les enfants ».
Rappelons malgré tout quelques vérités simples :
Ca peut paraître incroyable mais les FAI filtrent déjà les sites qui leur sont signalés.
Qui tombe sur Internet « par hasard » sur un site pédophile ? De plus, rappelons que les filtres parentaux existent et même, là encore chose incroyable, parait îl que les parents peuvent surveiller ce que font leurs gosses.
Mettre le doigt dans cet engrenage serait extrêmement dangereux puisqu’il serait possible facilement pour n’importe quel gouvernement d’étendre le champ des sites visés. Surtout que l’ensemble ne pourrait être qu’un cheval de Troie pour y introduire, allez au pif et vous devinez où, la lutte contre les vilains tipiakeurs de musique.
De plus l’ignorance abyssale des autorités sur le fonctionnement d’Internet est toujours aussi grande. Car pour le moment, aucune solution technique n’a été trouvée. Et de toute façon, s’il devait y en avoir une (peu probable à mon sens), elle ne serait de toute façon pas infaillible et enverrait alors les pirates du dimanche vers des protocoles cryptés (qui existent déjà du style Freenet) où là les contenus les plus nauséabonds sont largement plus présents