« Les médias électroniques ne sont pas formatés pour la spontanéité ». C’est bien entendu faux si l’on parle de spontanéité de rédaction/publication. Internet est un des moyens les plus rapides (si ce n’est le plus rapide) pour publier une information. En revanche, si l’on parle de spontanéité de la façon dont l’information est présentée, alors la remarque de Plantu a plus de sens.
Certes le web est un média de l’instantanéité, on peut en quelques clics publier un texte/une image/une vidéo mais les autres médias peuvent aussi le faire. Prenons pour exemple un événement important comme les attaques terroristes du 11 septembre 2001. En quelques minutes/heures, les télévisions, les radios et la presse industrielles ont été capables de concevoir puis de diffuser des éditions exceptionnelles. Ces médias traditionnels ont un formatage beaucoup moins grand que les solutions techniques aujourd’hui utilisés par les sites web et les blogs. Le journal papier est capable de faire une maquette spéciale, la radio / la télévision se réorganisent pour s’adapter à la situation et créer des éditions spéciales tandis que le site Web donne aussi l’info en temps réel mais reste bloqué à la marge de manœuvre que lui autorise son framework.

Ce n’est donc pas une censure en tant que tel mais bel et bien un blocage technique. Les frameworks dont nous disposons nous obligent à établir des modèles de publication. Hors de ces modèles, il n’y a que peu d’issues puisqu’une fois le framework installé, combien de sites sont prêts à aller bidouiller pour adapter leur présentation ? Aucun car les conséquences techniques pourraient être désastreuses. Nous sommes donc des prisonniers volontaires du système de publication que l’on choisit. Le mot clé devient alors l’adaptation. Les solutions techniques s’adaptent aux besoins généraux de l’utilisateur qui adapte la forme de son discours à ses spécificités. D’autant que si le Web peut utiliser plusieurs médias pour se constituer, une organisation cohérente de cet ensemble est impossible à créer rapidement en dehors des modèles prédéfinis. Pratique, le Web demeure fort peu malléable.
Est ce grave ? A première vue, non. L’essentiel reste l’information et tout ceci montre qu’il reste encore nombre de progrès à accomplir pour faire d’Internet un médium plus accessible et capable de s’adapter plus facilement. Malgré toute ses évolutions et sa réactivité, Internet demeure un média techniquement exigeant. Il aurait donc été plus juste pour Plantu de dire que « Les médias électroniques ne sont pas formatés pour la flexibilité ». Enfin pas encore.
Quand au futur, Internet évolue tellement vite qu’il me semble quand même bigrement pessimiste de penser qu’on en restera là en terme de formatage.