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Le manga vaut bien une politique d’édition

« Du manga ? Combien de kilos ? »

mardi 16 septembre 2008

Je suis en train d’écrire un article sur le manga « Life » de Keiko Suebonu , sorti récemment chez Kurokawa. L’occasion de passer ici un coup de gueule sur l’édition manga en France dont on a souvent eu l’occasion de parler avec Shakka.

Pour reprendre l’exemple de « Life », il est essentiel de comprendre que l’oeuvre de Keiko Suenobu est réservé à un public averti. Il aborde des thèmes violents et parfois carrément malsains et est donc une œuvre à ne pas mettre entre toutes les mains.

Visiblement, Kurokawa ne semble pourtant pas s’en préoccuper, car contrairement à Pika par exemple qui fait une distinction de collection entre les oeuvres tous publics et les autres, « Life » est vendu comme n’importe quel shojo de base dans tout bon supermarché !

Voilà d’ailleurs sa couverture :

Maintenant, à moins de s’être renseigné ou de connaître l’auteur, comment voulez vous que l’acheteur lambda se doute du contenu ? Certes , la quatrième de couv ou les premières pages mettent dans l’ambiance , mais sérieusement comment expliquer la présence de ce manga négligemment placé entre Card Captor Sakura et Naruto ?

J’ai horreur de jouer aux vierges effarouchés et heureusement que le manga propose ce genre d’œuvre (surtout que Life sent le chef d’œuvre mais on y reviendra :D ) mais l’absence d’étiquette ou d’inscription pour prévenir du contenu de ce manga est une honte. Et « Life » n’est pas un exemple isolé , j’ai également pu voir que Bokurano (une œuvre de l’auteur de Naru Taru pour ceux qui se rappellent) , œuvre dérangeante aussi, était disponible sur le même étalage.

Les années et les mangas passent et je prie tous les jours Haruhi pour qu’une mégère de Familles de France ou une intégriste de la protection de l’enfance ne tombe jamais sur ce genre de choses.

Il serait temps qu’on arrête de vendre du manga comme « du manga » et qu’une véritable politique de présentation/ d’édition soit utilisée comme on le fait déja pour la bd franco belge.


4 Messages de forum

  • Le manga vaut bien une politique d’édition

    16 septembre 2008 21:26, par Shakka

    C’est définitivement ce genre de choses qui continue de m’énerver au fil du temps. Et d’ailleurs pour rebondir la dessus je causerai de ce que j’ai constaté il y a peu à propos de la nouvelle signalétique de Pika. En effet, l’éditeur à décidé de clarifier encore plus ses publications en emboitant le pas sur Glénat, avec une signalétique pour chaque genres de manga. Histoire d’être encore plus pointu qu’ils ne l’étaient avec leurs collection Senpai. La réaction fût incroyablement violente : j’ai lu énormément de commentaires d’Otakus très mécontent de ce changement car je cite : « Ca va ruiner le visuel des collec’ ». Il est triste de voir que pour des raisons esthétiques, les fans sont prêt à empêcher une avancée nécessaire dans l’édition du manga. Du coup cela doit rendre encore plus frileux les éditeurs pour faire des efforts en ce sens. D’ailleurs, la signalétique est juste ridiculement petite et n’a donc pas d’intérêt. Nous avons donc d’une part des éditeurs qui ne font pas correctement leur travail et de l’autre des lecteurs, surement minoritaires mais bruyants, qui les encouragent en ce sens. Il est grand temps d’inverser la tendance.

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  • Le manga vaut bien une politique d’édition

    16 septembre 2008 23:01, par roxnin

    Pas besoin de signaletique ou autre truc dans le genre, si comme au Japon on vendait les mangas plastifiés (ce qui permettrait au passage d’acheter des mangas « neufs » véritablement en état neuf), il serait aisé de coller une étiquette dessus pour prévenir que c’est pour un public averti. D’ailleurs il me semble que c’était déjà le cas pour Berserk, qu’attendent les autres éditeurs pour faire de même ?

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    • Le manga vaut bien une politique d’édition 17 septembre 2008 00:29, par Shakka

      Je pense franchement qu’il faut une signalétique. Emballer les manga comme c’est le cas pour Berserk s’avère au final une piètre méthode. Déjà parce-que Glénat a du le faire justement à cause des problèmes de diffusion en France (le fait qu’un Seinen ultra violent comme Berserk puisse se retrouver à côté de Sakura). Et au final c’est super chiant et ça réserve parfois de très mauvaises surprises. Par exemple je me suis retrouvé avec une page déchirée de moitié dans un volume. Mais c’était indétectable, puisque c’était emballé (haha ! surprise !). Et puis franchement, on perd littéralement le plaisir du feuilletage avant achat. Peut-être qu’ils font comme ça au Japon, mais eux ont des magazines de prépublication. Nous on n’en a pas, alors à part jeter un œil sur place... difficile de se faire un premier point de vue. On n’emballe pas les livres ni les BD et c’est très bien ainsi. Pour l’état perso je n’ai aucun problème, vu que je prend bien mon temps pour choisir chaque volumes que j’achète. Il suffit d’être vigilant. Enfin pour ma part, que Berserk soit obligé d’être sous plastique pour être vendu, ça me choque plus qu’autre chose.

      Alors que si tous les éditeurs avaient une signalétique, les revendeurs pourraient organiser des rayons clairs par genre avec d’un côté les shonen, de l’autre les Seinen et les Shojo qui seraient eux même reclassés (le shonen sport ; le seinen polar...). On pourrait alors se diriger vers le rayon qui nous intéresse et feuilleter ; faire des découvertes. Un peu comme quand on va acheter un bouquin quoi ! Genre on va au rayon SF, les dernières nouveautés sont exposées ; on regarde à droite à gauche histoire de voir si y’a un truc intéressant... Cela rendrait le manga tellement plus accessible au néophyte. Y’en a un peu marre que seul le Hentai ait le droit à son rayon.

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      • Le manga vaut bien une politique d’édition 27 septembre 2008 22:30, par Sieg

        Si ce sont quelques extrêmistes qui font la loi, où va-t-on... La question du purisme est déjà drôle en soi, puisque les pages sont déjà un peu altérées (lettrage, impression... et on ne parle pas de l’époque où le sens de lecture voire le format changeait, chose qui existe encore). De toute façon, vu le vent du puritanisme qui souffle sur la France, pour le meilleur et pour le pire, c’est typiquement le genre de loi qui peut pointer le bout de son nez, histoire de protéger nos chers petites têtes blondes de la perversité japonaise légendaire. C’est vrai que question signalétique c’est un peu le bordel, on retrouve déjà difficilement les ouvrages par ordre alphabétique parce que les trouducs qui squattent Gibert et la Fnac sont pas foutus de remettre un livre là où ils l’ont pris... après cet aspect foutoir à un aspect no man’s land qui sied bien au caractère un peu subversif du manga... je ne suis pas pour surexposer les gosses à la violence, mais j’ai été élevé avec Ken le Survivant et Lamu, et ça n’a pas fait de moi un psychopathe violeur de gamines. Il faut aussi que chacun fasse son chemin. Mais bon, c’est sur qu’un peu d’organisation ne serait pas un luxe.

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