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Welcome, un film faible assez fort

Le cul entre 2 chaises.

mercredi 25 mars 2009

Au premier abord, Welcome n’a rien pour être aimé. Sa bande annonce le fait passer pour le film français bobo dans ce que ces adjectifs connotent de plus chiant.

Jugez plutôt, on pourrait croire à un sketch des Guignols. Un maître nageur en pleine procédure de divorce et donc en pleine tourmente intérieur, assimilable à une crise de la quarantaine, veut aider un sans papier mal traité par les policiers à traverser la Manche à la nage pour rejoindre sa copine qui est sur le point d’être marié de force.

Devant une telle accumulation de « clichés », une telle ode à la bien-pensance que vomiront certainement pour l’exemple les gens à la Eric Zemmour , visiblement aussi niaise que du Cali et du Vincent Delerm réuni, j’a longtemps hésité entre le rire et la consternation et puis finalement j’ai craqué. Le film s’annonçait différent de sa bande annonce d’après les critiques et puis le Printemps du cinéma est arrivé, ticket à 3€50 ouh yeah. Allez let’s go.

Dès le début, on sent que, comme son héros irakien, le réalisateur semble un peu perdu dans son univers, ne sait pas vraiment comment l’aborder. A sa décharge, il faut reconnaître sa bonne volonté de comprendre et d’éviter les caricatures.

Alors le film se met à alterner différents styles sans en maîtriser véritablement aucun : il tente de faire un peu de frère Dardennes (bien qu’on en soit très loin), tombe parfois dans la fiction façon TF1 (bien qu’on ait affaire à largement meilleur), lorgne vers la comédie (mais pas trop) et s’en sort pas trop mal en revenant au drame social. Fatalement l’ensemble est bancal et ce n’est pas la réalisation désespérément banale qui viendra rehausser le niveau.

Niveau toujours mais celui des acteurs cette fois, Vincent Lindon est crédible mais loin d’être transcendant à l’image du reste du casting. Film parvenant à ne pas tomber face la première dans le piège du pathos ou dans la naïveté imbécile, Welcome ne parvient pas pour autant à créer l’émotion encerclé qu’il est dans ses hésitations et ses facilités de scénario.

De la même façon, la dénonciation est elle aussi le cul entre 2 chaises. On sent certes la volonté de l’histoire de nous faire prendre conscience des dangers encourus par ceux qui aident les clandestins mais le film ne va pas jusqu’au militantisme, pourtant assumé par sa promotion (involontaire ?) dans l’actualité, de cette cause ce qui donne à l’ensemble une désagréable impression finale de « manque de couilles ».

Contrastant avec cette tendance à la faiblesse, l’histoire ose pourtant jouer le drame jusqu’au bout ce qui n’était pas facile à assimiler pour un film grand public. De fait, on pourra ainsi beaucoup pardonner à un scénario pourtant pas dénué d’incohérences. Malgré tout, même si la fin est cruellement sans concession, on pourra aussi regretter que cette vision humaniste ne semble devoir habiter uniquement des personnages qui ne trouvent leurs raisons d’agir que sous forme d’accidents de la vie prétextes.

Ce jugement peut paraître sévère envers un film qui demeure très sympathique et qui tape plutôt juste mais une telle histoire méritait tellement mieux dans son exécution.




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