
Oh ben alors ? Et la chronique sur le dernier tome d’Iron Maiden ? Je sais que vous êtes des millions à l’attendre (mais une trentaine à la lire), sauf que là, je n’avais les sous que pour un seul manga et que merde ! Je voulais lire un truc un peu bien pour une fois ! Ce sera donc pour plus tard. Revenons donc à la ou nous en étions ! Comme je vous l’avais dit la dernière fois, le volume 10 était étonnamment très bon. Ah non merde ! Je l’ai pas chroniqué ici ! Ca veut dire qu’il faut que je vous fasse un petit récapitulatif de mon avis. Tsss ! Vous me faites pitié.
Donc essentiellement qu’est ce que je pense en général de l’adaptation de Sadamoto ? C’est une ignominie. Hormis les trois premiers volumes qui s’en sortaient avec les honneurs (malgré quelques signes précurseurs), le manga n’a cessé de s’embourber dans des changements scénaristiques en total désaccord avec l’esprit d’origine. Nan, parce que des modifications je veux bien mais là… Un Shinji blasé de la vie trop cool qui manipule le cynisme comme Dr House ; une Rei qui semble plus défoncée à d’la bonne qu’autre chose et Asuka devenue (forcément) la Biatch trop bonnasse. Ca fait beaucoup à encaisser quand même. Tout ce joyeux bordel ou ils affrontent des salopards d’Aliens avec des Astero tronçonneuse et autres Big Fucking Guns. Sauf que les combats version Sada sont d’une mollesse…. Il n’y arrive clairement pas. Mais bon… Il dessine bien le bougre. Au final c’était plus une sorte de mini Art Book qu’on continuait d’acheter pour les illustrations couleur du début. Mais lors du volume 10 s’est créé un miracle ! Comme Saint Seiya oui, mais en carrément mieux ! Sombre, élégant, avec des changements à chier mais moins que d’habitude, le retour de l’esprit Eva, le vrai ! On lisait Evangelion et le manga semblait retourner sur de bons rails… mais gare à l’overdose.

Chassez le naturel...
Je ne vous fais pas patienter plus longtemps : ce nouveau volume se rapproche largement plus du niveau général auquel Sada nous avait habitués jusqu’à présent. On est largement en dessous d’un tome 3 ou 10, sans pour autant retomber dans la cata façon volume 5 et 7 (oui je sors des volumes références pour faire connaisseur). Notre designer favori/mangaka détesté avait deux lourdes taches dans ce volume ou il ne fallait surtout pas se planter : la mort de Kaoru et l’amorce vers le final. Commençons dans l’ordre bien sur.
Au départ, dans son petit texte d’intro de volume, Sadamoto nous avoue à quel point il n’est pas gay et qu’il a du mal avec ce truc de tantouze entre Shinji et Kaoru ! Ouais haha ! Lui au moins, c’est pas un PD (toutes mes excuses à la communauté homosexuelle) ! Et vous allez rire ! Du coup il va pas le traiter dans le manga ! Shinji n’aime pas Kaoru, au contraire même il peut pas blairer ce gros PD… C’est une approche assez…. Différente ma foi hein ! Mais du coup vous allez me dire « en quoi le tuer devient tragique ? ». Bah c’est là le problème ! Déjà à force de trop suivre le story-board, le lascar à pas pensé que sans la musique, redessiner plan par plan la scène ça manquerait de pêche, mais en plus la raison du pourquoi qu’il veut pas le tuer semble bien artificielle : « Je veux pas parce-que…. Je veux pas ! » « Haaaan ! T’es PD ? ». Rajoutez à ça qu’il a retouché tout le dialogue, pour transformer quelque chose de beau mais imbitable en quelque chose de laid niveau CP : « Allez tue moi enculé ! Vas-y tues moi !!! T’es PD ou quoi ? » « C’est celui qui dit qui l’est ! PD !!! ». Bien entendu je cite en substance. Dans mon Top-Ten des scènes flinguées par l’adaptation, celle-ci arrive tout de suite dans les trois premières.

Chronique d’un plantage annoncé
Mais la chose qui brûle les lèvres de tous les fans c’est bien entendu : quelle va être la fin de la version manga ? Et bien attention… roulement de tam…oh puis merde ! C’est la fin de The End of Evangelion qui a été choisie. Du coup j’ai gagné mon pari, vu que c’est ce que j’avais prédit depuis le premier volume. Forcément ce choix parait le plus logique au premier abord, mais plus on creuse, plus on se dit que c’est le plus mauvais choix qu’il pouvait faire. Très honnêtement, une fin originale aurait été plus judicieuse, Sadamoto va se planter royalement… pour notre plus grand plaisir en fait !!!! Et pourquoi qu’il se planterait ? Parce que d’une, il s’est déjà planté 7 volumes sur 11 et que donc je prends pas un gros risque en disant qu’il va continuer, mais également parce que si on regarde bien ce qu’est l’adaptation manga et The End of Evangelion, on se rend compte que c’est comme boire son chocolat en poudre avec de l’eau… ça fout la gerbe.

Revoyons ça un peu plus à la base. Déjà, qu’est ce que c’est que The End of Evangelion ? En principe une seconde fin pour contenter les Otakus mécontent de la première. En réalité une fin qui les a encore plus énervé, tant au final elle ne fait que compléter et s’avère en parfait accord avec le discours de la série. Et c’est déjà le premier point : à mon sens il n’y a pas deux fins différentes. Il y a une fin en diptyque tout simplement parfaite. Donc que Sada s’en contente d’une seule c’est mal barré. Mais bon, la on est dans ma vision perso de la fin. Je peux faire plus simple. Tonton Sada n’a eu de cesse de rendre Evangelion plus happy et bisounours de volumes en volumes. Or en ce sens, le film est pire que tout ! Shinji est plus suicidaire que jamais, les personnages ont des morts dégueulasses et dans la provoc’ ça va encore plus loin ! Misato qui se prend une balle, qui embrasse Shinji en lui promettant qu’il en aura plus lorsqu’il reviendra et qui finit par crever en se vidant de son sang par terre… je mets au défi tonton Sada de me la dessiner cette scène ! Sachant qu’il n’a même pas osé mettre la scène ou Shinji se masturbe (littéralement) devant Asuka qui est dans le coma, finement remplacé par une triste tentative d’étranglement ( ?). Et puis pourquoi que Shinji nous fait le coup de la grosse déprime alors qu’il n’aimait Kaoru ? Il voulait pas baiser Rei et Asuka ? Alors pourquoi il se branle pas ? On nous a pas fait du sous-Katsura pour l’abandonner d’un coup d’un seul ! Bordel !

En parlant d’Asuka, c’est d’ailleurs un autre problème ! Dans le film elle a quand même sa séquence ou c’est juste du « Asuka kicks Ass » en broyant les Eva-Series à la chaine. Ben… je vois mal comment un bonhomme qui a juste planté tous les combats qu’il a dessiné va s’en sortir avec le plus spectaculaire et le plus violent. On se rappelle avec tristesse de sa version du combat avec Bardiel et de ses tronçonneuses débiles contre Armisael. Alors l’Eva 02 qui se la joue 9 contre 1... non je le vois pas du tout. Et pourtant je m’étais fait une raison depuis longtemps ! Ça ne me touchait même plus toutes les horreurs que j’avais pu lire dans le manga. Mais merde ! Pas ça !!!! Pas cette séquence !!! C’est la seule ou une Eva se bat vraiment !! C’est violent ! C’est gore ! C’est nerveux ! C’est magnifique !! Et Asuka tue tout !! C’était sa séquence à elle !!! Son quart d’heure de gloire !!! Je veux pas que tu touches à ça !! Tu m’entends ?? T’as pas le droit !!! J’ai été clément, j’ai fermé les yeux sur bon nombre de tes péchés ! Mais tu vas pas me faire ce coup là !......bordel.....zut....flute.... steuplé !

Mais surtout… entre vous et moi… maintenant qu’on commence à se connaître… si on admet que la première moitié du film reste compréhensible et donc adaptable… il va faire quoi de la seconde partie ? Elle n’est finalement pas plus explicite que la première fin, et sur certains aspects même elle serait encore plus absconse. Du coup j’ai surtout l’impression que ce que fait Sadamoto, c’est reculer pour mieux sauter. Mais viendra bien le moment ou il va falloir qu’il se sorte les doigts du cul et qu’il adapte un tantinet l’histoire pour le support manga et non pas nous servir sa bouillie habituelle. Remarque, pourquoi il ferait ça ? Pourquoi changer une recette qui n’a pas marché depuis le début ? Et pourquoi un type qui ne semble pas à l’aise du tout avec le côté noir d’Evangelion, décide t’il d’adapter le final le plus glauque ? Une sorte de défi personnel ?
Tout ceci n’est que spéculation j’en conviens, mais c’est un peu ce qu’il y a de plus amusant dans cette adaptation : la faculté de tonton Sada à transformer un chef d’œuvre en du Urushihara, les plans nichons en moins.

Allez ! Un suppo et au dodo !
Pour conclure, revenons un peu sur ce volume 11. Pas totalement détestable car animé d’un vrai désir de recoller de nouveau à l’esprit d’origine, mais cette tentative est complètement sabordée par une frilosité polaire lorsqu’il s’agit de traiter les passages les plus sombres de la série. Cela accouche d’un volume encore plus bâtard que d’habitude ou séquences parfaitement adaptées et trahison totale se succèdent en permanence. Un mélange improbable entre le meilleur et le plus mauvais tome de la série. Bien entendu, il reste le dessin toujours aussi beau, sauf que le temps passe et que le trait a sacrément changé. Si ce n’est pas un problème pour les personnages principaux, les seconds couteaux eux se retrouvent avec des drôles de tronche désormais : Makoto est coiffé comme Sonic et Maya est devenu un mec… avec des nichons. Dur pour eux. Allez, on se retrouve dans un an pour le volume 12 ! En attendant, lisez donc des trucs mieux ! Comme Evangelion Iron Maiden 2nd !
